mercredi 21 octobre 2009

30ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE




1ère lecture : Jérémie 53, 10 – 11
2ème lecture : Lettre aux Hébreux 5, 1 – 6
Evangile : Saint Marc 10, 46b – 52



Sept ou huit jours avant la passion, Jésus traversa Jéricho avec une nombreuse escorte de disciples et de pèlerins. Jéricho aussi dénommée la Cité des palmes, avait changé de place depuis Josué. Elle était descendue vers le sud, le long de la route qui mène directement de Jérusalem au gué du Jourdain. Hérode et Archélaüs l’embellirent à qui mieux mieux, en sorte que Jéricho était alors en importance la deuxième ville de Palestine et égalait Jérusalem en superficie.
Le passage du Sauveur à Jéricho fut marqué par deux conquêtes : un mendiant aveugle, Bartimée, et Zachée, le riche publicain. Le fils de Timée était accroupi dans l’ornière du chemin, pour solliciter la charité des passants sans risquer d’être heurté ou écrasé par eux. Quand on lui eut dit que Jésus allait passer par là, ce nom, qu’il connaissait de réputation, éclaira son âme d’un rayon d’espoir. Il se mit à crier à tue-tête, pour dominer le bruit de la foule : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi ». « Fils de David » était l’appellation courante du Messie, et il semble bien que c’est le sens que lui donnait l’aveugle. Le dialogue entre Jésus et l’aveugle fut bref. Instantanément, l’aveugle recouvra la vue et s’associa aux disciples qui suivaient Jésus. Le soin qu’a pris St Marc de nous conserver son nom, indique assez qu’il faisait partie de la première communauté chrétienne.
Dans Bartimée, nous avons d’abord un aveugle. Nous ne savons généralement estimer la vue que lorsque nous sommes menacés de la perdre. La vue est certainement l’un des dons les plus excellents de la bonté divine. La vue n’est-elle pas pour nous la source de tant de lumières sur la nature et sur nos semblables ? Notre regard n’est-il pas aussi, dans son expression, l’éloquent interprète de ce que nous vivons et de ce que nous sommes ? Sans doute la vue est un bien précieux, mais encore faut-il que nous en fassions bon usage. Il importe en nos temps actuels où la pornographie est présente partout, à la Télévision, au cinéma, dans les affiches, les magazines, il importe de savoir conserver le contrôle de nos regards. Rappelons-nous à ce sujet les paroles du Seigneur qu’il faut, certes, interpréter dans leur langage hyperbolique, mais qui invitent aussi à la retenue : « Si ton œil te scandalise, arrache-le car il vaut mieux entrer borgne dans le royaume des Cieux que d’être jeté avec ses deux yeux dans la géhenne de feu. » Comprenons l’avertissement.
Par ailleurs, cet aveugle ne nous ressemble-t-il pas comme un frère ? N’avons-nous pas, nous aussi, tout au long de notre vie, à nous tenir sur le chemin par où Jésus doit passer ? Et à certaines heures de notre existence, plus douloureuses, plus ténébreuses, n’avons-nous pas fait nôtre le cri que l’infirme adresse à Jésus du fond de sa misère : « Fils de David aie pitié de moi ».
Frères et sœurs dans le Christ, sachons demander comme l’aveugle ; supplions le Seigneur de nous donner chaque jour Sa lumière. Lui seul peut nous donner la vraie lumière. Mais demandons-la avec la confiance qu’il peut, car Il est tout-puissant, qu’il veut, car Il nous aime et ne veut que notre plus grand bien. Si parfois, Il nous fait attendre, c’est en vue de nous obliger à purifier et augmenter notre foi, et aussi de nous faire mieux apprécier le don qu’Il nous fait. Dieu va se donner à nous dans l’Eucharistie de ce dimanche, et Il nous accordera sa lumière, une lumière que nous essaierons de rayonner autour de nous, en authentiques messagers d’espérance et d’amour. Amen.

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