lundi 9 novembre 2009

33ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : Daniel 12, 1 – 3

2ème lecture : Lettre aux Hébreux 10, 1 – 14.18

Evangile : Saint Marc 13, 24 – 32

L’Evangile de l’avant dernier dimanche de l’année liturgique se rapporte à la fin du monde. Jésus prononça ces paroles au cours de la semaine sainte, quelques jours avant de mourir. Il venait de prédire la ruine du Temple de Jérusalem dont les Apôtres avaient admiré la construction. Sous le coup de cette terrifiante prédiction, ils l’avaient interrogé sur le temps où cela devait se produire. D’où la prophétie qui s’ensuivit et qui est en même temps une apocalypse.
Le style de la prophétie n’est pas celui de l’histoire. Le Voyant, inspiré de Dieu, contemple l’avenir, pour ainsi dire, sous le signe de l’éternité : il le voit sans relief et sans perspective. Son regard embrasse un horizon immense et se fixe tour à tour sur des points séparés par de longs intervalles, mais reliés entre eux par une relation de ressemblance ou par des rapports de causalité. Le cardinal Billot dit que « la prophétie se tient sur ces hauts sommets qui dominent tous les cours des temps… Souvent, franchissant comme d’un bond tous les intermédiaires, elle réunit dans un même tableau des évènements que de longues séries de jours, d’années et même de siècles séparent les uns des autres. » L’apocalypse est du même genre que la prophétie ; son style est celui de la prophétie porté à son extrême.
A toutes les époques on a été tenté d’agiter de façon menaçante cette page de l’Evangile, nourrissant psychoses et angoisse. En fait nous devons rester calmes et ne pas laisser ces prédictions catastrophiques nous troubler. Il suffit de lire la dernière phrase de cet Evangile : « Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Si même les anges du Ciel et le Fils (en tant qu’homme, non pas en tant que Dieu) ne connaissent ni le jour ni l’heure de la fin, serait-il possible que le dernier adepte d’une secte ou quelque fanatique religieux les connaissent et soit autorisé à les annoncer ? Dans l’Evangile, Jésus assure qu’il reviendra un jour et rassemblera ses élus des quatre coins du monde ; le « quand » et le « comment » il viendra (sur les nuées du ciel, après que le soleil se soit obscurci et que les astres soient tombés du ciel) appartient au langage figuré propre au genre apocalyptique de son discours.
Une autre observation peut aider à mieux comprendre cet Evangile. Lorsque nous parlons de la fin du monde, nous pensons d’abord à la fin du monde de manière absolue, c’est-à-dire après laquelle il ne peut y avoir que l’éternité. Mais la Bible raisonne davantage avec des catégories relatives et historiques. Lorsque l’Evangile parle donc de la fin du monde, il signifie très souvent le monde concret, celui qui existe de fait et qu’un groupe déterminé d’hommes connaît : leur monde. Il s’agit en définitive davantage de la fin d’un monde que de la fin du monde, même si les deux perspectives se mêlent parfois.
Jésus dit : « Cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive ». S’est-il trompé ? Non, cette génération n’est pas passée, en effet, avant que le monde que ses auditeurs connaissaient, le monde juif, ne passe de manière tragique, avec la destruction de Jérusalem, en l’an 70 après Jésus-Christ. Lorsqu’en 410 Rome fut mise à sac par les vandales, de nombreux grands esprits de l’époque pensèrent que la fin du monde était arrivée. Ils ne s’étaient pas entièrement trompés ; un monde se terminait, celui que Rome avait créé avec son empire. En ce sens, ceux qui le 11 septembre 2001, devant l’effondrement des Tours jumelles, pensèrent à la fin du monde, ne s’étaient peut-être pas non plus totalement trompé.
Il semble que nous devrions avoir une autre vision des Evangiles qui nous parlent de la fin du monde et du retour du Christ. On a tendance à considérer la venue de notre Seigneur Jésus Christ davantage comme un châtiment et une menace obscure que comme la « bienheureuse espérance » des chrétiens. L’idée même que nous avons de Dieu est en cause. Les discours terrifiants sur la fin du monde, sont souvent l’œuvre de personnes qui ont un sentiment religieux déformé, et ont un effet négatif sur de nombreuses personnes en renforçant l’idée d’un Dieu éternellement courroucé, prêt à laisser éclater sa colère sur le monde. Est-ce que l’on aime le Seigneur quand on redoute sa venue ? En fait, la Bible nous décrit Dieu comme « tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; » disant qu’elle « n’est pas jusqu’à la fin, sa querelle, pour toujours sa rancune… il sait de quoi nous sommes pétris » Amen.

0 commentaires:

Enregistrer un commentaire