1ère lecture : Daniel 7, 13 – 14
2ème lecture : Apocalypse 1, 5 – 8
Evangile : Saint Jean 18, 33b – 37
L’évangile de cette fête du Christ-Roi nous présente Jésus à son procès devant Ponce Pilate qui était alors gouverneur romain de la Judée. Nommé en l’an 26 par l’empereur Tibère, il occupa ce poste 10 années entières et ne fut destitué qu’en l’an 36, pour avoir fait massacrer une troupe inoffensive de Samaritains. C’était, au dire du roi Agrippa qui ne l’aimait pas, « un homme d’un caractère inflexible et d’une arrogance farouche ». On lui reprochait d’être corrompu, de s’emporter violemment et d’être volontiers cruel par plaisir. De ce qu’il était brutal et opiniâtre, il ne faudrait pas conclure qu’il fut doué d’une véritable énergie. Les caractères les plus violents sont quelquefois aussi les plus timides. Ils affectent la brutalité pour dissimuler leur faiblesse et s’efforcent d’inspirer aux autres la terreur qu’ils éprouvent eux-mêmes. Pilate montra bien dans le procès de Jésus la lâcheté qui le caractérisait.
Jésus était accusé par ses ennemis de fomenter un soulèvement contre Rome pour se substituer à l’empereur romain ; Pilate interroge donc Jésus sur sa royauté et son royaume. Sceptique et jouisseur, la définition de la vérité ne l’intéressait pas. Du reste, sa conviction était faite : Jésus n’était pas un révolutionnaire et un homme dangereux pour l’Etat. Il n’était pas venu s’emparer du pouvoir du gouverneur romain et la royauté qu’Il revendiquait ne mettait pas en péril le pouvoir de l’empereur romain. Pas plus qu’il n’était venu prendre le royaume d’Hérode en naissant à Béthléem. Le royaume de Jésus n’était pas un royaume de la terre, mais le royaume du Ciel. Il est d’un autre ordre c’est pourquoi il ne se limite pas à un territoire, ni à une époque déterminée où il aurait fait bon vivre. La royauté du Christ s’étend à tous les peuples et à tous les temps en sorte que tous les états et les gouvernants même contemporains, devraient reconnaître son autorité et s’y soumettre. En effet ce n’est pas parce que la royauté du Christ est spirituelle que le pouvoir temporel des gouvernants puisse s’en affranchir. La laïcité considérée comme une émancipation du religieux est une erreur pernicieuse qui ne peut attirer que des désordres et la ruine des sociétés, comme en avertit une antienne de la liturgie : « Tout peuple et toute nation qui ne serviront pas le Christ, périront et ces peuples seront dévastés. » Si la séparation des pouvoirs temporels et spirituels est légitime, il reste que le pouvoir temporel doit reconnaître la supériorité du pouvoir spirituel et lui être soumis, de même que la chair doit se soumettre à l’esprit. Aussi que l’Europe se veuille entièrement laïque, sans référence à Dieu, et refuse même de reconnaître les valeurs chrétiennes qui ont été le fondement et à l’origine de sa grandeur, cela n’augure rien de bon pour son avenir. De même que Pilate, aujourd’hui on accorde peu d’intérêt à la vérité, lui préférant des idéologies. Or on sait en effet ce que deviennent les œuvres humaines qui ont eu l’arrogance de rejeter Dieu et d’avoir voulu prendre sa place. Ce furent des tours de Babel qui n’ont apporté que divisions et destructions.
En fait, Frères et Sœurs dans le Christ, le Royaume du Christ sur terre, c’est l’Eglise catholique, et là où l’autorité de l’Eglise est reconnue et respectée, là le Christ est vraiment roi. Et le Christ règnera réellement sur notre pays et sur le monde, quand l’Eglise sera à nouveau l’éducatrice et l’inspiratrice des peuples et des sociétés. Puissions-nous, pour notre part contribuer à cet avènement du Christ-Roi sur l’univers, en commençant par nous soumettre nous-mêmes à la Loi du Christ et en nous laissant conduire par l’Esprit de Dieu. « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu, sont fils de Dieu… Enfants et donc héritiers » (Rom. 8, 14, 17) du Royaume des Cieux. Amen.
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