mardi 8 décembre 2009

3ème DIMANCHE DE L’AVENT

1ère lecture : Sophonie 3, 14 – 18a

2ème lecture : Lettre aux Philippiens 4, 4 – 7

Evangile : Saint Luc 3, 10 - 18


Dimanche dernier, s’il vous en souvient, l’évangile de saint Luc nous avait présenté le Précurseur du Messie, Jean le Baptiste, en le situant dans son époque, dans le lieu qu’il avait choisi pour sa prédication, et dans l’accomplissement de sa mission : baptême de pénitence et prédication. C’est toujours à ses exhortations que se réfère l’évangile de ce jour. On y discerne mieux encore le rôle qui lui échoit de préparer les voies du Seigneur qui vient.
Saint Jean Baptiste s’adresse à tout le peuple qui se presse autour de lui et où se côtoient entre autres, des collecteurs de l’impôt romain et des militaires. Et à tout ce monde qui l’interroge, Jean ne prêche pas de se retirer avec lui au désert, mais il les élève vers un idéal réalisable par des gens qui ne sauraient tout abandonner de leurs conditions habituelles de vie. Partagez vos biens, leur dit-il, montrez-vous charitables, exercez loyalement votre métier, soyez justes. Comme on le constate, la bonne nouvelle que Jean proclame n’est pas réservée à une élite ; elle apporte une lumière à tous.
Saint Luc veut aussi souligner que la prédication de Jean tout comme l’appartenance à la race juive, ne sont pas des assurances-vies pour le salut. Dieu est capable de créer un peuple selon son bon vouloir. Le Baptiste invite à se convertir et à porter des fruits. Lesquels ? Concrètement, le partage et la justice sont les exigences de cette conversion. Il n’y a pas de vrai retour au Seigneur, sans justice sociale, quelle que soit la profession qu’on exerce.
Nous sommes ainsi amenés à dégager pour notre vie spirituelle, quelques points de repères que nous suggère le commentaire de ce texte. Sauf dans des cas exceptionnels, la parole de Dieu ne vient pas de façon inattendue : elle doit être préparée. La bonne nouvelle de l’évangile est un message de liberté. Et les croyants que nous sommes, épris de ce message et soucieux de le rayonner, doivent prendre conscience que les aspirations à la liberté dans le monde d’aujourd’hui sont peut-être moins faciles à faire coïncider avec un idéal évangélique fort exigeant. Or St Paul indique comment doit se comporter une communauté qui veut témoigner de la joie de l’évangile et la rendre crédible aux autres. Il dit : « Que votre sérénité soit connue de tous les hommes ». Le mot grec que nous traduisons par « sérénité » signifie tout un ensemble d’attitudes qui vont de la clémence à la capacité de savoir céder et de se montrer aimable, tolérant et accueillant. Nous pourrions le traduire par « gentillesse ». Il est nécessaire de redécouvrir avant tout la valeur humaine de cette vertu. La gentillesse est une vertu à risque ou même en voie de disparition dans la société dans laquelle nous vivons. La violence gratuite dans les films, à la télévision et dans les jeux vidéos, le langage délibérément vulgaire, la compétition qui pousse toujours au-delà des limites du tolérable, créent en nous une accoutumance à la laideur et à la vulgarité. La gentillesse est un baume dans les relations humaines. On vivrait tellement mieux en famille et en société s’il y avait un peu plus de gentillesse dans les gestes, dans les paroles et avant tout dans le cœur. Rien n’étouffe davantage la joie d’être ensemble que la grossièreté. « Une aimable réponse apaise la fureur, une parole blessante fait monter la colère » dit le livre des Proverbes (Pr 15, 1-4). Et, « une bouche agréable multiplie les amis, une langue affable attire maintes réponses aimables » (Si 6, 5). Une personne gentille laisse une traînée de sympathie et d’admiration partout où elle passe.
Parallèlement à cette valeur humaine, nous devons redécouvrir la valeur également évangélique de la gentillesse. Dans la Bible, le terme « doux » n’a pas le sens passif de « soumis », « docile », mais le sens actif d’une personne qui agit avec respect, courtoisie, clémence envers les autres. La gentillesse est indispensable surtout pour celui qui veut aider les autres à découvrir le Christ. L’apôtre saint Pierre recommandait aux premiers chrétiens d’être toujours « prêts à la défense contre quiconque (leur) demandent raison de l'espérance qui est en (eux) », mais il ajoutait immédiatement : « Mais que ce soit avec douceur et respect » (cf. 1P 3, 15 s), ce qui signifie, avec gentillesse.
Demandons au Seigneur de nous aider, par la grâce de son Eucharistie, à nous transformer intérieurement, afin que nous puissions non seulement L’accueillir dans un cœur bien préparé, mais aussi Le manifester à nos frères par un effort de transparence et d’amabilité où se lise vraiment la joie qui nous habite et dont Il est Lui-même la source. Amen

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