1ère lecture : Michée 5, 1 – 4a
2ème lecture : Lettre aux Hébreux 10, 5 – 10
Evangile : Saint Luc 1, 39 - 45
Le récit que Saint Luc vient de nous faire, de l’épisode de la Visitation, est d’une telle simplicité, d’une telle fraîcheur, qu’il semblerait à première vue ne guère mériter d’explication ou de commentaire. Cependant si nous voulons davantage tirer parti de la Parole vivante de Dieu, il convient que nous nous laissions interroger par elle, afin de la mieux comprendre et d’en appliquer les fruits à notre vie de tous les jours. On ne fait pas honneur à la Parole de Dieu quand on se contente de l’écouter sans la méditer.
Si nous ajoutons que ce n’est pas sans intention que l’Eglise la veille de Noël, nous fait lire cet épisode évangélique, nous nous persuaderons de l’utilité de prendre Marie comme compagne de route pour nous ouvrir plus facilement au mystère de l’Incarnation.
Dans ce récit, St Luc s’en tient à l’essentiel. « En ces jours-là ». La date est vague. Le fait semble se situer peu après l’annonce faite à Marie de la conception du Sauveur en son sein virginal. La route que la Vierge emprunte est sommairement indiquée : elle se dirige vers la montagne, dans une ville de la tribu de Juda. La seule caractéristique que St Luc ait précisée pour ce voyage, c’est l’empressement, la hâte avec laquelle Marie se met en route. Pourquoi Marie se hâte-t-elle de la sorte ? St Ambroise de Milan donne l’explication suivante : « Ce n’est pas que Marie se montre incrédule devant l’oracle de l’ange, incertaine du message, prête à douter de l’exemple cité » ; ici St Ambroise fait allusion au message de l’ange de l’Annonciation qui a révélé à Marie l’heureux avènement attendu par sa cousine Elisabeth. « Mais, poursuit Saint Ambroise, Marie est remplie de joie d’apporter ses souhaits à sa parente, remplie de piété pour lui offrir ses services, remplie d’empressement pour répandre l’allégresse… » Tel est le sens exact que St Ambroise assigne à la démarche de la Vierge Marie.
Cet empressement de Marie pour aller féliciter sa parente, nous interroge sur notre propre comportement vis-à-vis du Seigneur. Sommes-nous toujours soucieux, empressés de remercier le Seigneur, non seulement pour le bien qu’Il accomplit en nous, mais aussi en nos frères ? La reconnaissance ne devrait pas être un devoir à accomplir. C’est plutôt un sentiment qui semble aller de soi, fruit d’une délicatesse de cœur qui jaillit spontanément, surtout quand il s’agit des bienfaits de Dieu à notre égard. On a souligné aussi, et c’est vrai, la charité de Marie, allant rendre auprès de sa parente les services que nécessitait son état. Il y avait bien en soi de quoi être en souci pour une maternité arrivant hors des limites d’âge habituelles. L’entraide, l’esprit secourable de Marie nous dictent notre attitude vis-à-vis de tous ceux qui peuvent avoir besoin de nous, soit dans notre entourage immédiat, le plus proche prochain, soit dans des milieux de vie plus éloignés : mais alors une lettre n’est-elle pas, au fond, une visite par écrit ? N’hésitons pas à céder, quand il le faut, à cette forme de charité.
Frères et Sœurs dans le Christ, nous allons continuer de célébrer ensemble le sacrifice-sacrement de l’Eucharistie. Demandons à Celui qui vient au nom du Seigneur, de nous faire progresser dans l’action de grâces et dans la charité, mais aussi dans l’accueil du don qu’Il va nous faire de Lui-Même. Et ce sera pour nous comme une Incarnation de Dieu dans nos âmes transfigurées. Amen.
0 commentaires:
Enregistrer un commentaire