1ère lecture : Isaïe 9, 1 - 6
2ème lecture : Lettre à Tite 2, 11 – 14
En ce jour de Noël, il nous est bon de méditer le mystère de l’Incarnation, dont le contenu se résume en quelques mots du langage dogmatique qui sont des affirmations de notre foi et qui nous viennent des grands conciles œcuméniques des premiers siècles de l’Eglise. Cela consiste très précisément à dire que le Fils de Dieu fait homme est composé de deux natures, nature divine et nature humaine, dans l’unité d’une même personne, la personne divine du Fils. Et cela s’appelle l’union hypostatique, d’un nom qui vient du grec, autrement dit c’est l’union des natures, divine et humaine, dans la même hypostase, dans la même réalité concrète, personnelle qui s’appelle le Fils de Dieu. Voilà ce qu’il faut savoir pour être chrétien.
Après avoir affirmé notre foi, ne cherchons pas comment cela s’explique, mais vivons cette foi, ayons l’expérience de ce que nous croyons. C’est-à-dire en voyant l’enfant Jésus dans la crèche, disons-nous que c’est Dieu. Et usons de cette grande comparaison qui facilite la compréhension du mystère, cette grande comparaison que l’on trouve dans les Pères de l’Eglise. Ils disaient de même que vous voyez le corps et que par ce corps vous connaissez les sentiments d’une âme, de la même manière vous voyez Jésus homme, et en voyant Jésus homme, vous connaissez le Fils de Dieu. Un enfant qui regarde le visage de sa mère qui lui sourit, sait que sa mère est contente. Sur le visage de sa mère, il lit les sentiments de l’âme de sa mère. Ainsi par les expressions du visage on connaît les sentiments de l’âme. Voilà comment Dieu nous a donné un corps pour manifester nos pensées intérieures. Et en celui qui le fait en toute loyauté, en toute vérité, on peut dire qu’entre son corps et son âme, il n’y a pas de différence, on passe de l’un à l’autre. De son âme il manifeste par son corps ses sentiments et les autres en voyant son corps, découvre les sentiments de son âme : on appelle cela des êtres purs, des êtres de lumière, leur corps est comme un vase, mais non pas un vase de terre qui éteint la lumière, mais un vase de cristal qui laisse passer la lumière de l’âme. Avec tous les Pères de l’Eglise re-transposons cela dans l’Incarnation et disons que Jésus s’est donné une nature humaine, un corps pour laisser paraître les sentiments de son être le plus profond qui est sa nature divine. Et donc quand nous regardons l’enfant Jésus dans la crèche, quand nous voyons ce sourire, ces bras tendus, ces yeux profonds qui faisaient l’admiration de Marie et de Joseph, ce que nous découvrons, c’est la bonté de Dieu, l’amour si tendre et immensément généreux du Fils de Dieu qui vient ouvrir son Cœur aux hommes pécheurs. Et dorénavant, nous savons que voyant Jésus agir, parler, souffrir et bénir, c’est le Fils de Dieu, c’est Dieu lui-même qui manifeste ses sentiments aux hommes.
Voilà frères et sœurs dans le Christ, ce qu’il faut tirer de ce dogme des deux natures en une seule personne. Et en cette fête de Noël, disons seulement qu’il nous est bon de venir à la crèche et de regarder cet enfant comme le miroir, l’image de Dieu, comme le Fils de Dieu. Car si la ressemblance entre des parents humains et leurs enfants n’est jamais parfaite, parfois même elle est très lointaine, entre Dieu le Père, et son Fils, il y a une identité parfaite, il est son Image parfaite. Ce Fils qui s’est donné une nature humaine, l’a modelée à son gré, il l’a rendu parfaitement expressive de ce qu’il était, de ce qu’il voulait nous dire et nous manifester. Il n’y a point de trace de mensonge en Lui, c’est la vérité de Dieu qui nous apparaît dans le Christ; et cette lumière de Dieu qui resplendit dans le visage de cet enfant de la crèche, elle est toute douceur, tout amour et toute miséricorde. Amen.
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