1ère lecture : Baruc 5, 1 - 9
2ème lecture : Lettre aux Philippiens 1, 4 – 6.8 - 11
Evangile : Saint Luc 3, 1 - 6
“Préparez le chemin du Seigneur, applanissez ses sentiers”. Ainsi à travers la voix de St Jean Baptiste qui reprend le message du prophète Isaïe, l’Eglise nous invite à préparer les chemins du Seigneur. Pourquoi cette exhortation, puisque le Seigneur est déjà venu, il y a 2000 ans ? Est-ce pour préparer son retour car Il reviendra à la fin du monde pour juger les vivants et les morts. Mais si son retour est certain, nous en ignorons la date. Et si pour Dieu, mille ans est comme un jour, pour nous qui sommes tributaires du temps, l’attente peut être encore longue. Cependant entre ces deux avènements du Seigneur, il y en a un troisième, plus proche et plus intime : c’est celui par lequel le Seigneur vient faire en nous sa demeure suivant cette parole : « Si quelqu’un entend ma voix et ouvre, j’entrerai chez lui, et je ferai chez lui ma demeure ».
Cet avènement n’est pas visible en lui-même ni sensible, mais il n’en est pas moins réel. C’est par ce qui est convenu d’appeler la grâce que Dieu vient habiter en nous. Cette grâce est un don que Dieu fait de lui-même à nos âmes, et qui nous rend participants de sa nature divine. Cette grâce nous est communiquée principalement au moyen de ses sacrements.
Si Dieu veut se communiquer aux âmes et leur apporter la paix, il en est parfois empêché par des obstacles. Certains sont même infranchissables et forment comme des barrages qui retiennent la grâce en ne lui permettant pas de pénétrer dans les cœurs. D’autres, moins importants, la laissent passer, mais la gênent dans son action de transformation et de sanctification des cœurs, de ces cœurs qui sont trop encombrés par les affections matérielles ou humaines. Si donc nous voulons accueillir Jésus qui désire tant se donner, et en recevoir tous les bienfaits, il faut d’abord supprimer toutes ces barrières, aplanir ses sentiers et rendre droits ses chemins. L’exemple et la prédication de St Jean-Baptiste nous montrent que c’est l’œuvre de la vertu et du sacrement de pénitence d’enlever tous ces obstacles et de préparer la venue du Seigneur. Le repentir des péchés et la confession au prêtre des fautes graves sont nécessaires pour se réconcilier avec Dieu et recevoir la grâce des autres sacrements et en particulier celle de l’Eucharistie ; vain serait de communier, si l’on n’a pas reçu du prêtre le pardon des péchés mortels. Non seulement, on ne recevrait pas la grâce du sacrement, mais encore, on profanerait le Sacrement de l’Eucharistie. Aussi, à l’approche des grandes fêtes, l’Église rappelle particulièrement aux fidèles cette obligation de la confession qui est d’autant plus urgente qu’elle est aujourd’hui moins observée. Si la confession a le pouvoir de ressusciter les âmes qui sont les plus éloignées de Dieu, combien plus n’affinera-t-elle pas celles qui, enflammées des feux de la charité, n’ont d’autre appréhension que celle de blesser en quelque manière la divine Bonté du Seigneur ? Assurément une humble pénitence les rendra dignes des plus grandes grâces et les unira plus étroitement encore à Dieu.