dimanche 29 novembre 2009

2ème DIMANCHE DE L’AVENT

1ère lecture : Baruc 5, 1 - 9

2ème lecture : Lettre aux Philippiens 1, 4 – 6.8 - 11

Evangile : Saint Luc 3, 1 - 6


“Préparez le chemin du Seigneur, applanissez ses sentiers”. Ainsi à travers la voix de St Jean Baptiste qui reprend le message du prophète Isaïe, l’Eglise nous invite à préparer les chemins du Seigneur. Pourquoi cette exhortation, puisque le Seigneur est déjà venu, il y a 2000 ans ? Est-ce pour préparer son retour car Il reviendra à la fin du monde pour juger les vivants et les morts. Mais si son retour est certain, nous en ignorons la date. Et si pour Dieu, mille ans est comme un jour, pour nous qui sommes tributaires du temps, l’attente peut être encore longue. Cependant entre ces deux avènements du Seigneur, il y en a un troisième, plus proche et plus intime : c’est celui par lequel le Seigneur vient faire en nous sa demeure suivant cette parole : « Si quelqu’un entend ma voix et ouvre, j’entrerai chez lui, et je ferai chez lui ma demeure ».

Cet avènement n’est pas visible en lui-même ni sensible, mais il n’en est pas moins réel. C’est par ce qui est convenu d’appeler la grâce que Dieu vient habiter en nous. Cette grâce est un don que Dieu fait de lui-même à nos âmes, et qui nous rend participants de sa nature divine. Cette grâce nous est communiquée principalement au moyen de ses sacrements.

Si Dieu veut se communiquer aux âmes et leur apporter la paix, il en est parfois empêché par des obstacles. Certains sont même infranchissables et forment comme des barrages qui retiennent la grâce en ne lui permettant pas de pénétrer dans les cœurs. D’autres, moins importants, la laissent passer, mais la gênent dans son action de transformation et de sanctification des cœurs, de ces cœurs qui sont trop encombrés par les affections matérielles ou humaines. Si donc nous voulons accueillir Jésus qui désire tant se donner, et en recevoir tous les bienfaits, il faut d’abord supprimer toutes ces barrières, aplanir ses sentiers et rendre droits ses chemins. L’exemple et la prédication de St Jean-Baptiste nous montrent que c’est l’œuvre de la vertu et du sacrement de pénitence d’enlever tous ces obstacles et de préparer la venue du Seigneur. Le repentir des péchés et la confession au prêtre des fautes graves sont nécessaires pour se réconcilier avec Dieu et recevoir la grâce des autres sacrements et en particulier celle de l’Eucharistie ; vain serait de communier, si l’on n’a pas reçu du prêtre le pardon des péchés mortels. Non seulement, on ne recevrait pas la grâce du sacrement, mais encore, on profanerait le Sacrement de l’Eucharistie. Aussi, à l’approche des grandes fêtes, l’Église rappelle particulièrement aux fidèles cette obligation de la confession qui est d’autant plus urgente qu’elle est aujourd’hui moins observée. Si la confession a le pouvoir de ressusciter les âmes qui sont les plus éloignées de Dieu, combien plus n’affinera-t-elle pas celles qui, enflammées des feux de la charité, n’ont d’autre appréhension que celle de blesser en quelque manière la divine Bonté du Seigneur ? Assurément une humble pénitence les rendra dignes des plus grandes grâces et les unira plus étroitement encore à Dieu.

Frères et Soeurs dans le Christ, en ce temps favorable de l’Avent où Dieu donne plus abondamment sa grâce, disposons nos cœurs à la pénitence et produisons-en de dignes fruits qui nous le rendront bienveillant. Dieu ne se laisse pas vaincre en générosité. Plus une âme est généreuse à se dépasser et à se donner elle-même, plus Dieu se montrera généreux et lui prodiguera ses grâces. Puisse la fête de Noël qui approche, nous révéler toute la bonté de notre Dieu envers l’humanité entière à laquelle Il veut donner sa Paix. Amen.

lundi 23 novembre 2009

1er DIMANCHE DE L’AVENT

1ère lecture : Jérémie 33, 14 - 16

2ème lecture : 1ère Lettre aux Thessaloniciens 3, 12 – 4, 2

Evangile : Saint Luc 21, 25 - 28.34 - 36


Nous entrons aujourd’hui dans une nouvelle année liturgique. Comme le 1° janvier est le premier jour de l’année civile, ainsi le 1° dimanche de l’Avent est le premier jour de l’année liturgique. Quelles doivent être nos dispositions intérieures et nos résolutions en ce début d’année liturgique sinon une volonté de « redoubler d’efforts pour confirmer notre vocation » chrétienne suivant une expression de la lettre de St Pierre. A une nouvelle année liturgique, nouvelle ferveur et nouvelle générosité dans le service de Dieu et l’amour fraternel. La caractéristique de l’Avent est d’être un temps de désir et d’attente. Nous devons désirer la venue du Seigneur et prier que sa miséricorde se manifeste à nouveau en faveur de notre monde comme elle s’était manifestée lors du premier avènement du Fils de Dieu par son Incarnation.

« Ceux qui ont faim, Dieu les remplit de biens ; quant aux riches, il les renvoie les mains vides. » C’est là une des lois fondamentales du Royaume des Cieux : nul n’y entrera, s’il n’en a le désir. C’est pourquoi, pendant ces 4 semaines, l’Eglise veut nous faire ressentir cette faim spirituelle, ce besoin de Rédemption, afin de nous rendre dignes de recevoir la grâce de la Rédemption. Elle veut nous faire prendre conscience de notre condition présente où nous maintient la loi du péché qui nous importune et nous écartèle. « Malheureux homme que je suis », s’écriait Saint Paul qui ressentait en lui cette loi qui luttait contre sa raison et l’enchaînait à la loi du péché !

Et que dire des multiples soucis de travail, de famille ou de santé qui accablent beaucoup de nos contemporains dans une société compliquée, troublée et inhumaine. Ne sommes-nous pas comme en ces temps de domination par les Romains où les Israëlites attendaient le Sauveur promis et préparait sa venue par d’ardentes prières ? Ainsi nous devons aussi attendre et préparer l’avènement du Christ, non pas son premier avènement, mais son second avènement à la fin des temps, celui vers lequel la liturgie de ce premier dimanche d’Avent nous invite à nous tourner.

Frères et Sœurs dans le Christ, au début de cette nouvelle année liturgique, prenons donc de bonnes résolutions. Que ce temps de l’Avent qui est aussi un temps de pénitence, soit un temps de réflexion sur notre destinée éternelle, un temps de lutte contre nos mauvaises habitudes, de fuite des occasions de péché, un temps de prière et de charité fraternelle. Qu’un nouvel élan de générosité nous anime pour progresser sur les chemins du Seigneur mais de générosité éclairée sans nous laisser aveugler par le martelage médiatique. Car parmi les organismes qui sollicitent notre soutien, certains participent plus à la culture de mort qu’à la promotion de la vie. La Fondation Jérôme Lejeune nous a déjà mis en garde contre le Télethon qui utilise l’argent des donateurs pour des recherches contre la vie et favoriser l’avortement. Et puisque le Seigneur va venir dans l’Eucharistie, sachons nous entretenir avec Lui dans un cœur à cœur plein de confiance, et Lui demander des grâces, spécialement celles de Lui plaire par le bien que nous avons décidé d’accomplir pendant ce temps de l’Avent. Amen.

mardi 17 novembre 2009

SOLENNITE DU CHRIST-ROI

1ère lecture : Daniel 7, 13 – 14

2ème lecture : Apocalypse 1, 5 – 8

Evangile : Saint Jean 18, 33b – 37

L’évangile de cette fête du Christ-Roi nous présente Jésus à son procès devant Ponce Pilate qui était alors gouverneur romain de la Judée. Nommé en l’an 26 par l’empereur Tibère, il occupa ce poste 10 années entières et ne fut destitué qu’en l’an 36, pour avoir fait massacrer une troupe inoffensive de Samaritains. C’était, au dire du roi Agrippa qui ne l’aimait pas, « un homme d’un caractère inflexible et d’une arrogance farouche ». On lui reprochait d’être corrompu, de s’emporter violemment et d’être volontiers cruel par plaisir. De ce qu’il était brutal et opiniâtre, il ne faudrait pas conclure qu’il fut doué d’une véritable énergie. Les caractères les plus violents sont quelquefois aussi les plus timides. Ils affectent la brutalité pour dissimuler leur faiblesse et s’efforcent d’inspirer aux autres la terreur qu’ils éprouvent eux-mêmes. Pilate montra bien dans le procès de Jésus la lâcheté qui le caractérisait.

Jésus était accusé par ses ennemis de fomenter un soulèvement contre Rome pour se substituer à l’empereur romain ; Pilate interroge donc Jésus sur sa royauté et son royaume. Sceptique et jouisseur, la définition de la vérité ne l’intéressait pas. Du reste, sa conviction était faite : Jésus n’était pas un révolutionnaire et un homme dangereux pour l’Etat. Il n’était pas venu s’emparer du pouvoir du gouverneur romain et la royauté qu’Il revendiquait ne mettait pas en péril le pouvoir de l’empereur romain. Pas plus qu’il n’était venu prendre le royaume d’Hérode en naissant à Béthléem. Le royaume de Jésus n’était pas un royaume de la terre, mais le royaume du Ciel. Il est d’un autre ordre c’est pourquoi il ne se limite pas à un territoire, ni à une époque déterminée où il aurait fait bon vivre. La royauté du Christ s’étend à tous les peuples et à tous les temps en sorte que tous les états et les gouvernants même contemporains, devraient reconnaître son autorité et s’y soumettre. En effet ce n’est pas parce que la royauté du Christ est spirituelle que le pouvoir temporel des gouvernants puisse s’en affranchir. La laïcité considérée comme une émancipation du religieux est une erreur pernicieuse qui ne peut attirer que des désordres et la ruine des sociétés, comme en avertit une antienne de la liturgie : « Tout peuple et toute nation qui ne serviront pas le Christ, périront et ces peuples seront dévastés. » Si la séparation des pouvoirs temporels et spirituels est légitime, il reste que le pouvoir temporel doit reconnaître la supériorité du pouvoir spirituel et lui être soumis, de même que la chair doit se soumettre à l’esprit. Aussi que l’Europe se veuille entièrement laïque, sans référence à Dieu, et refuse même de reconnaître les valeurs chrétiennes qui ont été le fondement et à l’origine de sa grandeur, cela n’augure rien de bon pour son avenir. De même que Pilate, aujourd’hui on accorde peu d’intérêt à la vérité, lui préférant des idéologies. Or on sait en effet ce que deviennent les œuvres humaines qui ont eu l’arrogance de rejeter Dieu et d’avoir voulu prendre sa place. Ce furent des tours de Babel qui n’ont apporté que divisions et destructions.

En fait, Frères et Sœurs dans le Christ, le Royaume du Christ sur terre, c’est l’Eglise catholique, et là où l’autorité de l’Eglise est reconnue et respectée, là le Christ est vraiment roi. Et le Christ règnera réellement sur notre pays et sur le monde, quand l’Eglise sera à nouveau l’éducatrice et l’inspiratrice des peuples et des sociétés. Puissions-nous, pour notre part contribuer à cet avènement du Christ-Roi sur l’univers, en commençant par nous soumettre nous-mêmes à la Loi du Christ et en nous laissant conduire par l’Esprit de Dieu. « En effet, tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu, sont fils de Dieu… Enfants et donc héritiers » (Rom. 8, 14, 17) du Royaume des Cieux. Amen.

lundi 9 novembre 2009

33ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : Daniel 12, 1 – 3

2ème lecture : Lettre aux Hébreux 10, 1 – 14.18

Evangile : Saint Marc 13, 24 – 32

L’Evangile de l’avant dernier dimanche de l’année liturgique se rapporte à la fin du monde. Jésus prononça ces paroles au cours de la semaine sainte, quelques jours avant de mourir. Il venait de prédire la ruine du Temple de Jérusalem dont les Apôtres avaient admiré la construction. Sous le coup de cette terrifiante prédiction, ils l’avaient interrogé sur le temps où cela devait se produire. D’où la prophétie qui s’ensuivit et qui est en même temps une apocalypse.
Le style de la prophétie n’est pas celui de l’histoire. Le Voyant, inspiré de Dieu, contemple l’avenir, pour ainsi dire, sous le signe de l’éternité : il le voit sans relief et sans perspective. Son regard embrasse un horizon immense et se fixe tour à tour sur des points séparés par de longs intervalles, mais reliés entre eux par une relation de ressemblance ou par des rapports de causalité. Le cardinal Billot dit que « la prophétie se tient sur ces hauts sommets qui dominent tous les cours des temps… Souvent, franchissant comme d’un bond tous les intermédiaires, elle réunit dans un même tableau des évènements que de longues séries de jours, d’années et même de siècles séparent les uns des autres. » L’apocalypse est du même genre que la prophétie ; son style est celui de la prophétie porté à son extrême.
A toutes les époques on a été tenté d’agiter de façon menaçante cette page de l’Evangile, nourrissant psychoses et angoisse. En fait nous devons rester calmes et ne pas laisser ces prédictions catastrophiques nous troubler. Il suffit de lire la dernière phrase de cet Evangile : « Quant au jour et à l'heure, nul ne les connaît, pas même les anges dans le ciel, pas même le Fils, mais seulement le Père ». Si même les anges du Ciel et le Fils (en tant qu’homme, non pas en tant que Dieu) ne connaissent ni le jour ni l’heure de la fin, serait-il possible que le dernier adepte d’une secte ou quelque fanatique religieux les connaissent et soit autorisé à les annoncer ? Dans l’Evangile, Jésus assure qu’il reviendra un jour et rassemblera ses élus des quatre coins du monde ; le « quand » et le « comment » il viendra (sur les nuées du ciel, après que le soleil se soit obscurci et que les astres soient tombés du ciel) appartient au langage figuré propre au genre apocalyptique de son discours.
Une autre observation peut aider à mieux comprendre cet Evangile. Lorsque nous parlons de la fin du monde, nous pensons d’abord à la fin du monde de manière absolue, c’est-à-dire après laquelle il ne peut y avoir que l’éternité. Mais la Bible raisonne davantage avec des catégories relatives et historiques. Lorsque l’Evangile parle donc de la fin du monde, il signifie très souvent le monde concret, celui qui existe de fait et qu’un groupe déterminé d’hommes connaît : leur monde. Il s’agit en définitive davantage de la fin d’un monde que de la fin du monde, même si les deux perspectives se mêlent parfois.
Jésus dit : « Cette génération ne passera pas avant que tout cela n'arrive ». S’est-il trompé ? Non, cette génération n’est pas passée, en effet, avant que le monde que ses auditeurs connaissaient, le monde juif, ne passe de manière tragique, avec la destruction de Jérusalem, en l’an 70 après Jésus-Christ. Lorsqu’en 410 Rome fut mise à sac par les vandales, de nombreux grands esprits de l’époque pensèrent que la fin du monde était arrivée. Ils ne s’étaient pas entièrement trompés ; un monde se terminait, celui que Rome avait créé avec son empire. En ce sens, ceux qui le 11 septembre 2001, devant l’effondrement des Tours jumelles, pensèrent à la fin du monde, ne s’étaient peut-être pas non plus totalement trompé.
Il semble que nous devrions avoir une autre vision des Evangiles qui nous parlent de la fin du monde et du retour du Christ. On a tendance à considérer la venue de notre Seigneur Jésus Christ davantage comme un châtiment et une menace obscure que comme la « bienheureuse espérance » des chrétiens. L’idée même que nous avons de Dieu est en cause. Les discours terrifiants sur la fin du monde, sont souvent l’œuvre de personnes qui ont un sentiment religieux déformé, et ont un effet négatif sur de nombreuses personnes en renforçant l’idée d’un Dieu éternellement courroucé, prêt à laisser éclater sa colère sur le monde. Est-ce que l’on aime le Seigneur quand on redoute sa venue ? En fait, la Bible nous décrit Dieu comme « tendresse et pitié, lent à la colère et plein d’amour ; » disant qu’elle « n’est pas jusqu’à la fin, sa querelle, pour toujours sa rancune… il sait de quoi nous sommes pétris » Amen.

lundi 2 novembre 2009

32ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : 1er livre des Rois 17, 10 – 16

2ème lecture : Lettre aux Hébreux 9, 24 – 28

Evangile : Saint Marc 12, 38 – 44


Désireux de prendre un peu de repos, au déclin d’une longue journée de fatigue, Jésus s’était retiré au Temple dans le parvis des femmes. C’était une vaste cour carrée entourée de trois côtés d’une colonnade supportant la galerie d’où les femmes pouvaient assister aux cérémonies liturgiques. On montait à celle-ci par un large escalier et c’est probablement sur l’une de ses marches que Jésus s’était assis au milieu de ses douze apôtres. Il voyait à ses pieds la salle du trésor, le long de laquelle était rangés treize troncs en forme de trompette, où les fidèles déposaient leurs aumônes. A l’époque des fêtes, l’affluence était énorme, car c’était surtout alors qu’on payait les cotisations en retard, qu’on acquittait les vœux et qu’on déposait des offrandes volontaires. Ces opérations exigeaient le plus souvent la présence d’un prêtre, chargé de déterminer les prix et de vérifier le bon aloi des monnaies, de sorte que le public pouvait se rendre compte de la libéralité de chacun.

Au milieu de cette foule grouillante, s’avançait timidement une pauvre veuve, désireuse de contribuer, selon ses moyens, aux dépenses du culte sacré. On parle de l’obole ou du denier de la veuve; mais la femme de l’évangile n’était pas assez riche pour offrir une pareille somme. Elle tenait en main deux minuscules monnaies de bronze valant ensemble le quart d’un as, moins de deux francs de notre ancienne monnaie. La destination des aumônes volontaires était bien inscrite sur les troncs, mais la pauvre femme, ne sachant pas lire, dut s’adresser au prêtre de service, qui annonça tout haut le montant de l’offrande et la jeta dans le tronc destiné à cet effet, non sans provoquer peut-être dans l’assistance un sourire de pitié.

Du haut des gradins où il était assis, Jésus suivait du regard la pauvre veuve qui s’éloignait confuse sous les yeux moqueurs de la foule. Jusqu’ici, Jésus n’avait rien dit, il s’était contenté de regarder en silence le geste des riches. Quand la veuve jette son obole, il fait signe à ses disciples comme pour leur faire une communication importante. Visiblement son cœur a été touché par la modeste offrande de la pauvre veuve. Il y avait là pour les apôtres une leçon qu’il ne voulut pas laisser perdre ! « En vérité, je vous le dis, cette veuve si dénuée a donné plus que tous les autres; car les autres ont donné de leur superflu, tandis qu’elle s’est privée du nécessaire en donnant tout ce qu’elle avait. » Elle a donné plus que les autres non en quantité absolue, mais en quantité relative car ce qu’elle a donné, elle en avait besoin pour vivre. Elle aurait pu garder une piécette sur les deux qu’elle avait ; le jeune homme riche n’avait pas su renoncer à tous ses biens pour suivre Jésus, et il s’en alla tout triste. Cette pauvre veuve donna tout ce qu’elle avait, sans hésiter, sans rien se réserver, et il ne lui resta plus rien, si ce n’est cette joie intérieure d’avoir tout sacrifier pour Dieu.

Et c’est ainsi que la pauvre veuve, sans avoir dit un seul mot a parlé à l’humanité entière. Elle passait sans faire de bruit, mais le bruit fait par son offrande en tombant dans le tronc du Temple et en émouvant le Cœur du Christ retentira dans le monde jusqu’à la fin des temps. Amen.