mardi 19 janvier 2010

3ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : Néhémie 8, 1 – 4a.5 – 6.8 - 10

2ème lecture : 1ère Lettre aux Corinthiens 12, 12 – 30

Evangile : Saint Luc 1, 1 – 4 ; 4, 14 - 21

Dans l’introduction de son Evangile, Saint Luc nous dévoile l’identité du destinataire de son écrit. Il s’adresse à un catéchumène, ou plus probablement à un noble de naissance récemment baptisé. Mais par delà ce premier lecteur, il vise tous les nouveaux chrétiens de langue grecque, issus comme lui du monde païen, pour les confirmer dans la foi. Il déclare sans ambages ne pas avoir été témoin oculaire des faits qu’il va raconter, mais il s’est soigneusement informé auprès des témoins immédiats. Il a étudié avec diligence et suivi avec attention le cours des évènements depuis le début, et il en possède une connaissance exacte et détaillée : St Luc remplit donc les conditions exigées d’un historien véridique et personne n’a le droit de récuser sa déposition, et on s’étonne de la prétention de certains exégètes contemporains qui n’hésitent pas à disséquer l’Evangile pour déterminer quels passages seraient plus historiques que d’autres.

Saint Luc souligne toutefois qu’il n’est pas le premier à avoir tenté de raconter les évènements qu’il se propose lui-même d’exposer. Mais il ne dit pas ce qu’il trouve à redire à ses devanciers, ni ce que leurs œuvres laissent à désirer. Parmi les essais antérieurs, il en était sans doute de très fragmentaires, mais il y en avait aussi de plus élaborés comme l’évangile de Saint Marc. Mais alors que St Marc débute son évangile en entrant directement dans le vif du sujet, St Luc remonte jusqu’à l’origine et donne un récit suivi de la vie du Christ, depuis la naissance jusqu’à l’ascension. Pourtant Saint Luc n’a pas l’intention qu’on lui prête parfois de corriger St Marc qu’il suit pas à pas et dont il ne s’écarte que deux fois. Cependant la chronologie n’est pas particulièrement présente en Saint Luc. En effet aucun autre évangéliste ne paraît aussi indifférent que lui aux questions de temps et de dates ; du reste, un auteur peut être un authentique historien sans être un chroniqueur ou un annaliste dont le souci essentiel est la suite chronologique exacte des évènements.

C’est pourquoi quand Saint Luc, comme d’ailleurs Saint Marc, place la visite de Jésus à Nazareth aussitôt après son baptême et son jeûne au désert, il a passé sur plusieurs épisode de la vie de Jésus comme l’élection des apôtres et leur envoi en mission, et ses premiers miracles à Cana et à Capharnaüm dont il est fait allusion dans l’évangile de la visite de Jésus à Nazareth.

Frères et Sœurs dans le Christ, cette précaution que prend Saint Luc de fonder son récit sur une enquête personnelle des évènements qu’il rapporte, est essentielle à notre foi parce qu’elle la fonde sur leur réalité historique. La foi en Jésus-Christ n’est pas un mythe comme ceux qui ont été inventés par les religions païennes, ni même une idéologie élaborée par la première communauté chrétienne qui laisserait planer le doute sur la vérité historique des évangiles ; notre foi chrétienne est, au contraire, fondée sur la réalité de la vie de Jésus-Christ et sur son enseignement authentifié par de réels miracles. C’est donc avec raison que nous avons mis notre foi en Jésus-Christ dont la vie nous est parfaitement transmise par les évangélistes et qui est le seul Sauveur des hommes. Son Nom, élevé au-dessus de tout nom, est, en effet, le seul qui doit être invoqué pour être sauvé. Amen.

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