dimanche 7 février 2010

6ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE

1ère lecture : Jérémie 6, 1 – 2a.3 - 8

2ème lecture : 1ère Lettre aux Corinthiens 15, 12.16 – 20

Evangile : Saint Luc 6, 17.20 - 26

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus délivre au monde son message de bonheur pour tous. Saint Luc exprime les béatitudes d’une manière différente à celle de saint Matthieu. Alors que saint Matthieu rapporte 8 béatitudes, saint Luc en signale 4 auxquelles correspondent 4 malédictions dont il est facile de saisir les rapprochements :

· Heureux les pauvres ; malheureux, vous les riches.

· Heureux vous qui avez faim ; malheureux vous qui êtes repus.

· Heureux vous qui pleurez ; malheureux vous qui riez.

· Heureux lorsque les hommes vous haïssent ; malheureux lorsque tous les hommes disent du bien de vous.

On remarque que saint Luc rapporte les béatitudes comme la reconnaissance d’une situation de bonheur ou de malheur, tandis que chez saint Matthieu, elles apparaissent plutôt comme une exhortation morale, un programme de vie : « vous serez heureux, si vous avez un cœur de pauvre, si vous savez purifier votre cœur, etc. etc… » Saint Luc insiste sur la différence entre ceux qui sont ouverts ou fermés au bonheur que Dieu leur apporte. Les pauvres sont ceux qui sont prêts à accueillir la parole de Dieu ; ils ne font pas barrage au Seigneur par leurs richesses, leur suffisance. Car le Seigneur a toujours l’initiative et veut agir gratuitement dans le cœur de ses auditeurs. Ils sont heureux ceux qui s’ouvrent ainsi à la grâce qui leur est offerte.

Il en va de même de tous ceux qui demeurent insatisfaits ici-bas, parce qu’ils ne se trouvent nullement rassasiés par les nourritures terrestres, et pas davantage comblés par les joies passagères et souvent trompeuses de ce monde. Ceux-là demeurent en effet ouverts au vrai bonheur, celui que Dieu seul peut leur apporter. Pareillement, tous ceux qui se trouvent rejetés par les hommes, les exclus de toutes catégories - et combien sont-ils dans ce cas aujourd’hui -, ceux-là sont en fait les prioritaires aux yeux de Dieu, et comme Ses privilégiés. Et Jésus, tout au long de l’évangile, ne cessera de manifester cette préférence.

Précisons qu’ils ne sont pas les privilégiés du Royaume parce que leur situation serait bonne en soi. Toute l’Ecriture Sainte s’inscrit en faux contre une apologie de la pauvreté. Si Dieu les préfère, c’est parce qu’Il les juge plus ouverts à Sa parole, tout comme, pour la même raison, Il porte aussi ses préférences vers les enfants et les pécheurs : « Je Te loue, Père, Seigneur du Ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux intelligents, et de l’avoir révélé aux tout-petits. C’est ainsi que Tu en as disposé dans Ta bienveillance. » Somme toute, nous voici renseignés, moins sur les pauvres que sur Dieu. Ce sont les mœurs divines qui nous sont décrites.

Par les Béatitudes qu’Il proclame, le Seigneur nous invite donc à ouvrir nos cœurs pour accueillir l’évangile du bonheur. Nous sommes toujours tentés de nous fermer à ce bonheur, parce que nous nous laissons prendre trop facilement par ces joies éphémères du monde qui nous attirent, parce que nous sommes toujours tentés d’assouvir notre faim en nous satisfaisant des nourritures terrestres. Nos joies terrestres sont souvent passagères, parce que nous confondons jouissance et bonheur, alors que le Seigneur est venu nous apporter une joie que rien, ni personne ne peut nous enlever. Le vrai trésor, la valeur essentielle pour notre vie, c’est de savoir, d’avoir la certitude que Dieu nous aime personnellement. Le bonheur éternel ne sera-t-il pas de vivre pour toujours de l’amour de Dieu.

Bien sûr, si nous nous efforçons d’être fidèles au Seigneur, nous risquons de rencontrer de l’incompréhension, voire de l’opposition. Ce n’est certes pas facile d’accepter une telle lutte. Mais pourquoi nous en étonner ? Jésus Lui-même a lutté dans sa Passion jusqu’à en mourir sur la croix pour entrer dans Sa gloire. Pour parvenir au même but, il nous faut suivre un chemin semblable. Le bonheur éternel sera le repos définitif de ceux qui auront accepté ce combat, cette lutte durant la vie présente.

Frères et Sœurs dans le Christ, Pour nous aider à y parvenir, Jésus nous donne Son propre Corps comme viatique, provision de route. Sachons L’accueillir avec reconnaissance. Il est le Pain qui nous rend forts et qui nous conduit à la victoire, c. à d., notre entrée dans le Royaume de l’éternelle Béatitude. Amen.

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