www.theotime.com


Association catholique Théotime: Actualités, éditions, forum, doctrine, homélies dominicales
20 Jl 2008
 

Bienvenue

association catholique theotime, actualités, forums, homélies.



Site religieux purement catholique, dont les textes sont des écrits reconnus par le Magistère de l'Eglise Catholique ou le produit de prêtres en charge d'une mission par leur évêque ou supérieur religieux. Ces prêtres n'ont d'autre but que de faire aimer la Vérité qui est Jésus-Christ. 
L'association Théotime a pour but de promouvoir la culture chrétienne et la vie spirituelle catholique dans les âmes par de multiples moyens. Elle propose de modestes ouvrages de spiritualité et de piété à la fois riches en doctrine, agréables et faciles à lire. (Rubrique Editions)

Google
 
Web www.theotime.com

Annuaire catholique ThéoLinks
images pieuseset religieuses ThéoLinks

 
edition Comment aimer Dieu ? par le père Crozier


Préface

Introduction

1° Partie.........

Chapitre 1 : Nature du parfait amour

Chapitre 2 : Effets du parfait amour de Dieu

Chapitre 3 : Quelques conséquences pratiques

Chapitre 4 : Quelques exemples

2° Partie.........

Chapitre 1 : Offrande d’amour

Chapitre 2 : Offrande d’amour par le Sacré-Coeur

Chapitre 3 : Union dans le Sacré-Coeur

Prières





Préface

Introduction

1° Partie.........

Chapitre 1 : Nature du parfait amour

Chapitre 2 : Effets du parfait amour de Dieu

Chapitre 3 : Quelques conséquences pratiques

Chapitre 4 : Quelques exemples

2° Partie.........
Chapitre 1 : Offrande d’amour

Chapitre 2 : Offrande d’amour par le Sacré-Coeur

Chapitre 3 : Union dans le Sacré-Coeur

Prières







Préface

Le père Antoine Crozier écrivit cet opuscule sous le titre « Comment il faut aimer le bon Dieu » dans lequel il développe la théologie de « l’acte de l’amour parfait » avec ses références de docteur en théologie à la Somme de saint Thomas et avec celles de chapelain du Carmel à ses entretiens spirituels avec la Prieure et fondatrice, Mère Raphaël de Jésus. Cet opuscule connut un succès immense puisqu’il parut en plusieurs millions d’exemplaires et fut traduit en plusieurs langues. Beaucoup de maîtres de novices de couvent religieux s’en servirent pour leur formation spirituelle. Le Saint Frère des Écoles Chrétiennes Mutien-Marie, canonisé par Jean-Paul II le 10 décembre 1989, dit positivement que c’est dans cet opuscule qu’il trouva le secret de son effort héroïque vers la sainteté. Le Père de Foucauld l’ayant lu, désira rencontrer l’auteur et lui voua ensuite une amitié qui dura le reste de leur vie. L’un et l’autre s’éteignirent en 1916. Et comment ne pas voir une proximité spirituelle entre cette doctrine du Père Crozier et celle de la Petite Voie de l’Amour Miséricordieux de sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, sa contemporaine ?

L’abbé Crozier était une personnalité marquante. Il avait étudié la théologie à Rome et avait reçu le grade de Docteur. Il fut essentiellement un homme intérieur. Apôtre de la charité, la pensée continue qui l’obsédait, était de rappeler aux chrétiens le suprême commandement de l’amour de Dieu qui réalise la perfection évangélique des autres commandements de Dieu : « Qui aime vraiment, celui-là accomplit pleinement la loi de Dieu.¹ ». Tout par amour, tout pour le Sacré-Cœur, tout aux intentions du Sacré-Cœur, étaient pour lui des formules qui représentaient un apostolat pouvant s’adapter à tous les genres de vie sacerdotale, religieuse ou laïque.

L’influence du Père Crozier fut importante non seulement par ses écrits, mais aussi par le contact direct qu’il avait avec les âmes. Beaucoup de prêtres reconnurent lui devoir leur vocation. Et nombreuses furent les âmes qui se mirent sous sa douce direction et qui formaient ce qu’on appelait dans le cercle des amis du Père la « famille intime du Cœur de Jésus », toujours volontaires pour une charité à faire, pour une offensive de prières en vue d’une intention spirituelle, toujours prêtes pour le sacrifice uni au Sacrifice du Rédempteur.

Pourtant le Père Crozier, relayé par tant de prêtres et d’évêques dans ce ministère d’apostolat de l’amour divin, n’a jamais créé d’association avec des règlements. Il ne l’a même pas voulu¹ . On se trouvait rapproché parce que, sans même se connaître, on vivait dans le même esprit d’amour pour Dieu et le prochain. Toute âme qui vivait de l’amour du Cœur divin par la fidélité à ses devoirs d’état, entrait par là même dans la grande famille des disciples du Cœur de Jésus. Mais n’y aurait-il pas profit aujourd’hui où les âmes sont souvent très isolées, de créer cette association qui donnerait un soutien moral et spirituel à tous ceux qui désirent entrer dans cette spiritualité de l’amour parfait ? Cela pourrait se concrétiser par une modeste revue qui maintiendrait la ferveur par des articles de fond et par l’appel à la prière pour les intentions des uns et des autres, et qui serait un lien entre les membres de cette famille spirituelle. Une retraite pourrait aussi être proposée chaque année et donnerait ainsi l’occasion de créer des amitiés plus profondes. Cependant, je ne sais pas si cela répond à un désir du Cœur de Jésus et à un réel besoin puisqu’il existe déjà beaucoup d’associations pieuses. En créer une autre, même différente, ne serait-il pas inutile ? Il en existe même une florissante, répandue dans plusieurs pays, qui a été fondée par un prêtre canadien, fervent apôtre du Cœur Eucharistique, le Père Pierre Gendron, et qui a pour nom : la « Famille du Cœur de Jésus ». L’écho que recevra ce livret fera savoir si cette idée est un appel de Dieu à créer une nouvelle association où l’engagement principal serait de mettre en pratique la pensée que le Père Crozier a exprimée dans ce livret sur la doctrine de l’amour parfait.



Abbé Philippe NAHAN



Remarque : Dans cette édition de l’opuscule du Père Crozier, nous avons opéré de très légères modifications de style qui ne changent en rien la substance de sa doctrine reprise très fidèlement.











Introduction



Dieu est infiniment aimable par ses perfections infinies, qui, logiquement, nécessairement, appellent et méritent tout amour. Dieu est infiniment aimant et infiniment aimé dans le sein de l'adorable Trinité, par l'amour réciproque du Père, du Fils, du Saint-Esprit.

Saint Jean, apôtre et évangéliste du divin amour, nous donne de Dieu cette sublime définition : Dieu est Amour¹, et c'est là un sens vrai et profond de ce nom populaire: Le bon Dieu. Dieu est appelé le bon Dieu, non seulement parce qu'il est bon pour ses créatures, mais aussi parce qu'il est Tout Bon, Tout Parfait, la Bonté même, la Perfection sans limites, ce qui veut dire qu'il est Tout Amour.

Mais ce Dieu d'Amour a tiré du néant, par amour, des créatures intelligentes, l'ange et l'homme, capables comme Lui de comprendre et d'aimer. L'ange et l'homme, par le fond essentiel de leur être, ne doivent-ils pas s'appliquer à connaître et à aimer le Dieu infiniment digne d'amour ? Cette obligation de connaître et d'aimer Dieu est fondée à la fois sur la nature de Dieu et sur la nature de la création angélique et humaine.

Les anges restés fidèles, fixés dans leur bonheur sans fin, n'ont pas besoin d'un commandement nouveau pour aimer Dieu qu'ils voient et possèdent pour l'éternité. Mais l'homme déchu a été vicié par le péché, et Dieu, sur le Sinaï, au milieu des éclairs et des tonnerres, a fait une promulgation extérieure et solennelle du commandement d'amour gravé dans le cœur humain par la loi naturelle. Il a plu à Notre-Seigneur d'affirmer et de promulguer encore avec force et éclat dans l'Évangile la loi de l'amour divin.

Que Dieu nous permette de L'aimer, qu'il nous offre son amour et demande le nôtre, quel honneur et quel bonheur !... Mais qu'il nous l'impose par un commandement, quel excès d'amour!… Saint Augustin s'écrie : « Que suis-je donc, ô mon Dieu, pour me commander de Vous aimer et pour me menacer de votre colère si Je ne Vous aime pas?² »

Le commandement d'aimer Dieu est le fondement du salut éternel. Aimez Dieu et vous serez fidèles à tous vos devoirs. Notre-Seigneur nous dit expressément : « Si vous m'aimez, gardez mes commandements.¹ » Le premier commandement assure et facilite, élève et féconde l'observation de tous les autres. Saint Paul a pu dire : « L'amour est la plénitude de la loi.² » L'amour de Dieu est aussi le fondement de la piété et de la perfection. « Aimez Dieu et faites ce que vous voudrez. » (Saint Augustin). Saint Thomas d'Aquin ajoute : « La vie spirituelle consiste principalement dans la charité.³ » En d'autres termes, l'amour de Dieu, dans la mesure où vous en vivrez vous rendra purs et forts, capables de tout faire et de tout souffrir, et pourra vous porter jusqu'aux plus hauts sommets de la sainteté.

Après l'Incarnation et la Rédemption, avec l’Eucharistie et le Sacré Cœur, en Jésus-Christ, que Dieu le Père nous a donné par amour, de tant de manières, au prix de tant d'immolations, combien l'amour de Dieu, commandé par la loi naturelle et la loi mosaïque, se présente à nous plus lumineux et plus profond, plus pressant et plus fort, plus facile et plus délicieux ! « Dans l'Église de Jésus-Christ, tout appartient à l'amour, tout est fondé sur l'amour, tout est amour. » (Saint François de Sales) Il suit de là que, dans la religion et la loi d'amour, tout nous prêche, tout nous donne l'amour de Dieu.

Il est donc raisonnable, possible et souverainement désirable de faire du divin amour l'âme de notre vie et la vie de notre âme, de chercher et de trouver dans l'amour de Dieu, dans l'amour de Jésus, le principe et le moteur de notre volonté et de notre cœur, de tous nos sentiments et de toutes nos actions, la force pour accomplir tous nos devoirs, pour accepter, porter et sanctifier toutes nos douleurs.

Mais pour tout cela il faut « un amour intellectuel et cordial » (Saint François de Sales) qui éclaire et dirige notre cœur et nous rende actifs et généreux au service de Celui que nous voulons aimer partout et toujours. Il est mort et enterré, le jansénisme étroit qui, mettant des bornes à l'amour de Dieu pour l'humanité, fermait ou desséchait le cœur, et préparait la ruine de la foi. Puisque nous ne sommes plus dans la loi de crainte, ne craignons pas de parler et de vivre de l'amour de Dieu, d'en faire vivre les âmes, de leur donner à plein cœur le Jésus-Amour des Saints. Sans doute, pour être chrétiens, à plus forte raison pour être fervents et saints, il faut nous renoncer, nous faire violence ; mais, fortifiés par l'amour de Dieu et de Jésus, nous serons plus vaillants et plus généreux pour tout ce qui nous sera imposé par le devoir ou demandé par la grâce.

Par la vie d'amour et l’apostolat d'amour, nous donnerons et nous ferons donner à Notre-Seigneur les réparations qu'il sollicite et attend de ses amis en ces temps d'iniquité, les réparations de l'amour. Tout l'Évangile, les écrits des apôtres, surtout les Épîtres de saint Paul, sont remplis du divin amour. Le grand Apôtre, pour donner la foi au monde, le nourrissait et le nourrit encore du pain de son amour pour Jésus. Il disait aux Éphésiens : « Je fléchis les genoux devant le Père de Notre-Seigneur Jésus-Christ... afin que, enracinés et fondés dans la charité, vous puissiez avec tous les saints en mesurer la longueur et la largeur, la hauteur et la profondeur, et savoir combien cette divine charité l'emporte sur toute science pour que vous soyez remplis de toute la plénitude de Dieu.¹ »

Saint Paul nous exhorte à pratiquer et à réaliser la vérité dans l'amour « pour croître par toutes choses en celui qui est notre Tête, Jésus-Christ ». Il nous apprend que « la croissance de tout le corps mystique de Jésus-Christ se fait dans la charité, au degré où chacun de ses membres vit de cette charité¹ ». Ailleurs, l'Apôtre des nations nous parle de « la foi qui opère par la charité² ». Il nous dit encore : « Faites tout dans la charité!... Marchez dans l'amour !³ »

En ces derniers siècles, par son Traité de l'Amour de Dieu, par ses lettres spirituelles, par toute sa vie, par tout son cœur, saint François de Sales a été le docteur et l'apôtre du divin amour. « Pour moi, s'écriait il, je ne sais ni ne connais d'autre perfection que d'aimer Dieu de tout son cœur, et son prochain comme soi-même. Toute autre perfection, sans celle-ci, est une fausse perfection. » Un jour, à Dijon, on remarquait devant lui, au sujet d'une de ses pénitentes, quelques vanités de toilette, des boucles d'oreilles trop riches. L'aimable Saint profita de la circonstance pour expliquer la marche et le but de sa direction : « D'abord, je ne savais pas qu'elle eut des oreilles... Quand Dieu m'envoie une âme généreuse à conduire, je tâche d'allumer le feu de l'amour divin aux quatre coins de la maison, bien sûr que les misères, les frivolités mondaines, s'il en restait encore, vont bientôt s'abîmer et se perdre dans cet incendie... Quand le feu est à la maison, on jette tous les meubles par les fenêtres. » Ces meubles sont les péchés, les défauts, les imperfections.

Avant saint François de Sales, saint Jean Chrysostome avait dit : « Quand une forêt est infestée de bêtes fauves, ou bien il faut organiser une chasse en règle, et cette chasse à travers la forêt est longue et difficile, ou bien il suffit d'y mettre le feu, et l'incendie ne tarde pas à tout détruire. »

Pour combattre et détruire, autant qu'il est possible, le mal qui est en nous, le moyen le plus sûr et le plus efficace est l'incendie de l'amour divin. Le Cœur de Jésus est à la fois le Foyer, la Source, le Modèle et l'École de l'amour ; Il nous appelle à l'amour, Il nous demande l'amour, Il nous offre l'amour, nous ne pouvons donc pas le séparer du commandement de l'amour et de la vie d'amour.

Le bienheureux curé d'Ars, dans un transport d'amour, s'écriait en pleurant : « O Cœur de Jésus ! Cœur d'amour ! Fleur d'amour ! Si nous n'aimions pas le Cœur de Jésus, qu'aimerions-nous donc ? Il n'y a que de l'amour dans ce Cœur !... Comment fait-on pour ne pas aimer ce qui est aimable ?... C'est si beau, la charité, c'est l'effusion du Cœur de Jésus qui est tout Amour !...»















1° Partie

La doctrine du parfait amour



Chapitre 1

Nature du parfait amour



Tout homme doit aimer Dieu. Notre-Seigneur Jésus-Christ l'a dit : « Le premier commandement, le plus grand commandement de Dieu, c'est d'aimer Dieu. » Mais comment faut-il aimer Dieu ? Il faut L'aimer par-dessus toutes choses.

Aimer quelqu'un ou quelque chose, s'aimer soi-même plus que Dieu, ou aimer Dieu sans L'aimer plus que tout ce qui n'est pas Lui, serait contraire au bon sens et aux droits essentiels de Dieu. C'est encore Notre-Seigneur Jésus-Christ qui nous redit: « Vous aimerez le Seigneur votre Dieu de tout votre cœur, de toute votre âme, de tout votre esprit et de toutes vos forces » c'est-à-dire : Vous devez préférer Dieu à tout et L'aimer par-dessus toutes choses. Tout homme, quel qu'il soit, y est obligé, car le précepte de Notre-Seigneur Jésus-Christ s'adresse à tout le monde et ne souffre pas d'exceptions.

Mais on peut aimer Dieu par-dessus toutes choses pour divers motifs. Aussi la théologie distingue-t-elle deux sortes d'amour de Dieu : l'amour parfait et l'amour imparfait, suivant le motif pour lequel nous aimons Dieu. L'amour imparfait consiste à aimer Dieu à cause des bienfaits que nous avons reçus de Lui, à cause des grâces que nous en attendons encore et du ciel qu'il nous a promis. L'amour parfait consiste à aimer Dieu pour Lui-même à cause de ses perfections infinies.

L'acte de charité dont le catéchisme nous donne la formule est un acte d'amour parfait : « Mon Dieu, je vous aime de tout mon cœur et par-dessus toutes choses, parce que vous êtes infiniment bon et infiniment aimable.¹ »

Il importe de faire ici quelques remarques :



I. — Pour l'acte surnaturel de charité, comme pour tout acte surnaturel, le secours de la grâce nous est nécessaire. Au cœur qui veut L'aimer et L'aime déjà, le Dieu d'amour qui nous commande et nous presse de L'aimer ne refuse pas ce secours.



II. — Bien que l'amour parfait et l'amour imparfait soient distincts, les motifs qui les inspirent ne s'excluent point. Tout en aimant Dieu pour ses bienfaits et pour le Ciel qu'il me promet, je puis l'aimer pour Lui-même et pour ses perfections. Et si je L'aime parce qu'il est infiniment parfait, cet amour, qui est le véritable amour d'amitié, ne m'empêchera pas d'aimer Dieu pour tous ses dons, ni de travailler en vue du bonheur éternel.



III. — C'est le motif qui distingue l'amour parfait de l'amour imparfait. Aimer Dieu d'un amour parfait ne veut pas nécessairement dire qu'on l'aime avec toute la pureté et toute l'ardeur possibles; cela signifie simplement qu'on L'aime pour le motif le plus élevé, le plus parfait. Ne croyons donc pas qu'il nous soit impossible de faire des actes d'amour parfait parce que nous n'aimons pas Dieu avec l'ardeur d'une sainte Thérèse ou d'un saint François-Xavier. Demandons-nous une seule chose: Pourquoi j’aime Dieu ? Pour quel motif ? Toutes les fois que nous pouvons nous répondre: « J'aime Dieu par-dessus toutes choses pour Lui-même, parce qu'il est infiniment bon, c'est-à-dire infiniment digne d'amour », ne cherchons plus, nous faisons un acte d'amour parfait.



IV. — Notre sainteté et notre générosité donnent une valeur plus ou moins grande à nos actes d'amour parfait. Ils peuvent être moins agréables à Dieu, moins méritoires que les actes d'amour offerts par les saints, mais puisqu'ils sont inspirés par le même motif, Dieu les agrée et les récompensera comme de véritables actes d'amour parfait. Efforçons-nous donc d'imiter les saints en aimant Dieu toujours davantage, et la valeur de nos actes d'amour ira en s'augmentant de plus en plus.



V. — Pour faire un acte d'amour parfait, il faut croire par la foi que Dieu a toutes les perfections. Telle est la part de l'intelligence. La volonté se porte alors vers Dieu pour Le préférer à tout. Elle peut être aidée en cela par l'imagination et la sensibilité ; mais ce qu'on a coutume d'appeler le sensible n'est pas nécessaire pour faire un acte d'amour parfait. Il résulte de là qu'on peut beaucoup aimer Dieu jusque dans la sécheresse du cœur et le dégoût spirituel : il suffit de vouloir L'aimer. L'acte d'amour du cœur ainsi éprouvé peut même, parce qu'il est plus pur et plus généreux, être plus agréable à Dieu et montrer une volonté plus profonde et plus forte de L'aimer. Vouloir aimer, c'est aimer. Oui, certes, et cette pensée, en rassurant le pécheur qui n'ose lever les yeux vers Dieu, console les âmes pieuses qu'attriste leur impuissance à aimer Dieu autant qu'elles le voudraient et que Dieu le leur demande.



VI. — II y a bien des manières de faire des actes d'amour parfait.

1° Cet acte peut être simplement intérieur, une élévation de cœur, un regard vers Dieu.

2° Il peut se faire aussi par des paroles, des oraisons jaculatoires : «Mon Dieu, je Vous aime pour Vous-même et par-dessus toutes choses ! » Pour soulager son cœur, saint François Xavier disait souvent: « O mon Dieu, je Vous aime ! » comme saint François d'Assise aimait à redire : « Mon Dieu et mon Tout ! » N'oublions pas que toute formule doit être animée par l'amour intérieur.

3° Une manière très pratique de multiplier les actes d'amour parfait, c'est de faire toutes nos actions et de supporter toutes nos peines de chaque jour afin de prouver à Dieu notre amour. Sous cette forme d'acte extérieur et de sacrifice, notre amour pour Dieu est plus sérieux, plus profond, puisqu'il exige de notre part plus d'énergie et de volonté. Il est facile aux âmes de foi de dire : « Mon Dieu, je Vous aime par-dessus toutes choses », mais il coûte de porter une croix, de se vaincre soi-même. Si alors nous disons à Dieu : « C'est par amour pour Vous que je fais ceci ou que je souffre cela », nous lui donnons une preuve solide de la sincérité de notre amour. Ainsi, on considère comme des actes d'amour parfait : le martyre, le sous-diaconat, le vœu de virginité perpétuelle, la profession religieuse.

4° Dans la pratique de la vie chrétienne, nous avons mille occasions de faire des actes d'amour parfait ; par exemple, lorsqu'il s'agit de remporter une victoire sur une tentation ou sur notre caractère, de faire un acte d'obéissance ou de renoncement, de surmonter une répugnance ou une antipathie, de nous imposer une privation pénible, de subir une humiliation, etc. Tous les actes, toutes les luttes, toutes les difficultés de la vie peuvent ainsi nous servir à pratiquer l'amour parfait et à nous en assurer les fruits.



VII. — Tout homme est capable de faire des actes d'amour parfait. En effet, connaître le Dieu infiniment bon et infiniment aimable, Le traiter comme tel, L'aimer de tout son cœur, non seulement à cause de ses bienfaits, mais encore pour Lui-même, à cause de ses perfections infinies, et Lui offrir par amour ses actions et ses peines, ce sont des actes que tout homme peut faire. Il n'y a point là un excès de dévotion ou une vie extraordinaire réservée seulement à quelques âmes choisies retirées dans le cloître. C'est tout simplement la pratique plus parfaite du premier commandement de Dieu et son application habituelle, très simple et très féconde, à tous les devoirs et à tous les détails de notre vie.















Chapitre 2

Effets du parfait amour de Dieu.



I. — D'abord, l'acte d'amour parfait réconcilie immédiatement avec Dieu l'âme la plus chargée de péchés mortels, même avant la confession et l'absolution, pourvu qu'il y ait volonté de se confesser¹. Que de pécheurs surpris ont été sauvés par cet acte d'amour !... C'est le secret de la miséricorde infinie du Dieu qui aime les âmes. Tout le ciel peut donc être dans un acte d'amour de Dieu ! Un instant d'amour peut nous donner une éternité d'amour ! Aussi l'Église a-t-elle renfermé un acte d'amour parfait dans l'acte de contrition qu'elle nous fait réciter : « Mon Dieu, mon Père, j'ai un extrême regret de Vous avoir offensé, parce que Vous êtes infiniment bon et infiniment aimable... » A plus forte raison, l'acte d'amour parfait nous purifie des péchés véniels, comme le feu consume aussitôt les brins de paille qu'on y jette.

L'Écriture Sainte est pleine de cette doctrine. « J'aime ceux qui m'aiment.² » Notre-Seigneur nous dit : « Celui qui m'aime sera aimé par mon Père et je l'aimerai... Si quelqu'un m'aime, il gardera ma parole et mon Père l'aimera, et nous viendrons à lui et nous ferons notre demeure chez lui… » « Beaucoup de péchés lui sont remis parce qu'elle a beaucoup aimé.³ » Remarquons toute la force de ces expressions, sondons toute la profondeur et goûtons la douceur de cette théologie du divin Amour. Lorsque Jésus prononce ces paroles, les péchés et les scandales de Madeleine sont remis et effacés par la puissance de l'amour. A cet instant, le Juge n'absout pas, mais déclare que déjà la pécheresse a reçu son pardon.



II. — Après une chute grave, l'acte d'amour parfait peut nous rendre immédiatement, avec la grâce de Dieu, nos mérites perdus, nous permettre d'acquérir de nouveaux mérites et nous préserver d'une série de péchés mortels.



III. — L'acte d'amour parfait est d'un puissant secours pour triompher d'une tentation grave et éviter ainsi de tomber dans le péché. Quand elle crie au secours vers Dieu, au plus fort de la tentation, en lui disant qu'elle L'aime plus que toutes choses, à cause de sa Bonté infinie, l'âme ne peut se laisser aller à L'offenser.



IV. — L'acte d'amour parfait diminue les peines du purgatoire, comme le fait tout acte surnaturel, et peut même les supprimer entièrement, s'il est produit avec une ferveur et une perfection dont Dieu seul connaît la mesure.¹



V. — L'amour parfait établit et développe de plus en plus, par chacun de ses actes, un état d'union entre Dieu et notre cœur. Cette union est intime, vivante, permanente. « Celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui.² » Déjà, sur la terre, l'acte d'amour parfait, plus et mieux que les actes surnaturels inférieurs, renferme et commence cette union à Dieu qui est l'aspiration suprême et la dernière fin de notre être surnaturalisé : l'union béatifique à Dieu Vérité et à Dieu Amour. Même de l'amour que nous donnons à Dieu ici-bas, saint Paul nous dit : « Celui qui adhère à Dieu devient un même esprit avec Lui.³ »



VI. — Chaque acte d'amour parfait, comme toute œuvre surnaturelle, nous mérite pour cette vie une augmentation de grâce sanctifiante et pour le ciel un rayon de gloire éternelle. Par cet accroissement de grâce sanctifiante, l'acte d'amour parfait nous purifie de tant de souillures contractées au cours de nos journées, et il maintient notre âme dans la ferveur. De plus, en multipliant les actes d'amour, nous multiplions nos degrés de lumière et de bonheur dans le ciel. Si donc les milliers d'actions de nos journées sont des actes d'amour parfait, quelle moisson de gloire éternelle nous amassons sans cesse ! Au bout d'une semaine, d'un mois, d'une année de notre vie, comme nous serons riches ! Dès cette terre, nous pouvons devenir de plus en plus les millionnaires du ciel. « Mon degré de gloire et de bonheur dans le ciel répondra au degré d'amour que j'aurai eu sur la terre. Il y a là-haut une prodigieuse diversité de places, et c'est l'amour qui les assigne à chacun.¹ »



VII. — La pratique de l'amour de Dieu a une grande puissance pour l'élévation et la formation des âmes.

1° L'amour de Dieu éclaire l'esprit. Pour entendre la parole de Dieu, pour lire l'Évangile, pour étudier les livres spirituels ou théologiques, l'amour de Dieu est un flambeau. Les grands docteurs ont été de grands saints. Saint Thomas d'Aquin disait avoir plus appris devant son Crucifix que dans tous ses livres. L'amour de Dieu rend plus vives, plus éclatantes les lumières de la foi et dissipe les ténèbres que l'impiété et le péché amoncellent dans les intelligences. Il fait retrouver la foi à ceux qui l'ont perdue comme il peut la donner à ceux qui ne l'ont pas encore. Le missionnaire se présente aux infidèles le Crucifix à la main, et leur annonce le mystère du Fils de Dieu fait homme mort sur la croix par amour pour son Père et pour nous. C'est l’évangélisation par l'amour de Dieu. Cette évangélisation intime et pénétrante conquiert les intelligences en gagnant les cœurs. Par elle, les apôtres de Jésus-Christ seront les maîtres du monde pour le donner à Jésus, à son Cœur « qui a tant aimé les hommes ». Ils rediront à tous avec l'apôtre saint Jean : « Nous avons cru à l'amour que Dieu a pour nous... Aimons donc Dieu puisqu'il nous a aimés le premier.² »

2° L'amour de Dieu agit profondément sur le cœur. Le soleil, en éclairant le monde, l'échauffe, le vivifie et le féconde par l'ardeur de ses rayons. Dieu, Vérité éternelle, est aussi l’Amour infini qui veut vivifier l'homme tout entier, embraser et transformer tous les cœurs. Rien ne porte plus haut et ne forme mieux le cœur de l'homme et du chrétien que l’amour habituel, pratique et croissant de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ³

3° L'amour de Dieu rend les âmes vraiment pieuses, en leur donnant le principe le plus actif de la vraie et solide dévotion. Lorsque cet amour est bien pratiqué on voit se développer dans une âme non pas l'imagination et la sensibilité, mais la volonté et le cœur : la volonté pour se purifier et se fortifier, le cœur pour se donner et s'unir à Dieu. La voie royale de la piété et de la sainteté chrétienne, c'est l'amour de Dieu.

4° L'amour de Dieu est particulièrement efficace pour former une âme à la vie sacerdotale et religieuse. « Le sacerdoce est un écoulement du Cœur de Jésus.¹ » Le vêtement sacerdotal exprime la charité². Voilà pourquoi l'acte et la vie d'amour qui font le chrétien font aussi le prêtre et le religieux ; et, de l'avis de plusieurs maîtres en cet art, cette méthode d'éducation sacerdotale est très sûre, très pratique et très féconde. L'amour divin fait les saints novices et les saints séminaristes, les saints prêtres et les saints missionnaires.















Chapitre 3

Quelques conséquences pratiques.



I — II est très important de prendre l'habitude de faire souvent des actes d'amour parfait, soit pour satisfaire au premier commandement de Dieu, soit pour mettre en exercice, pour développer et perfectionner en nous la vertu théologale de charité, soit pour recouvrer l'état de grâce ou pour vaincre les tentations, mais surtout parce que le grand exercice de piété, c'est l'acte d'amour de Dieu. Non seulement l'acte d'amour augmente la ferveur, dans nos exercices de piété, mais même il peut les remplacer quand ils sont impossibles. Il arrive qu'une âme, à cause de ses occupations multipliées ou pour d'autres circonstances, ne peut pas faire ses exercices de piété accoutumés, mais toujours elle aura des actions et des souffrances à offrir à Dieu ; elle pourra donc toujours faire des actes d'amour de Dieu. De plus, il est des exercices de piété qui peuvent paraître à certaines âmes trop élevés ou trop difficiles, mais aimer Dieu, faire des actes d’amour de Dieu, c'est une chose à la portée de tous, et pour laquelle il suffit d'avoir un peu de cœur et de bonne volonté.



II. — Il faut apprendre aux petits enfants à faire des actes d'amour de Dieu, d'abord pour qu'ils connaissent et pratiquent le premier commandement de Dieu¹, puis pour ouvrir leurs cœurs et attirer sur eux de grandes grâces. Si l'homme bon n'oublie pas un témoignage d'affection, quelles bénédictions Dieu, infiniment bon et infiniment aimant, ne réserve-t-il pas aux petits enfants qui Lui disent leur amour ! Il est aussi très bon de donner cette pratique aux enfants du catéchisme. Ils s'en souviendront plus tard, par exemple, en état de péché mortel, pour se hâter d'en sortir et ne pas s'enfoncer dans les habitudes ou l'endurcissement, ou en péril de mort, si le prêtre ne pouvait pas arriver à temps pour donner l'absolution.



III. — Cette pratique est précieuse aux ouvriers et à tous ceux qu'accablent les nécessités et les douleurs de la vie. Dans les ateliers, dans les usines, dans les champs, sous terre parmi les mineurs, dans les familles, que d'actes perdus pour Dieu et pour ceux qui travaillent et souffrent sans profit et sans consolation ! S'ils donnaient tout à Dieu par amour, que de grâces pour cette vie et quel capital pour le ciel ! Il y aurait toujours des peines et des souffrances sur la terre ; mais comme elles seraient diminuées, sanctifiées et fécondées par l'amour de Dieu !



IV. — Les malades trouvent de très grands avantages à savoir sanctifier leurs souffrances par l'amour de Dieu, pour se relever et se fortifier, et aussi pour réparer ce qui a pu être incomplet dans la réception des sacrements. Des prêtres, dans le saint ministère, et des religieuses garde-malades ont pu exercer par cette pratique un apostolat très facile et très consolant. Des pécheurs qui repoussaient le prêtre ont d'abord accepté d'offrir à Dieu leurs souffrances par amour; puis, éclairés, adoucis, transformés par ce divin Amour, qui déjà peut-être les avait purifiés, ils ont demandé d'eux-mêmes les sacrements et sont morts en aimant de tout leur cœur le Dieu qu'ils avaient longtemps abandonné et offensé. De pauvres infirmes ont appris ainsi à sanctifier leurs longues douleurs, leurs insomnies, toutes leurs souffrances du corps, d'esprit et de cœur, jusqu'à s'offrir sans cesse à Dieu comme victimes d'amour en union avec Jésus agonisant et crucifié. « Voulez-vous souffrir pour Dieu ou pour le roi de Prusse ? — Évidemment, vous ne voulez pas souffrir pour le roi de Prusse ; ce ne serait ni chrétien ni français. Donc, vous voulez souffrir pour Dieu, et voici comment vous allez faire... » Cet argument de bon sens, de patriotisme et de foi, d’abord a déridé, puis, par la puissance de l'amour divin, a persuadé, converti sanctifié plusieurs pécheurs.



V. — Il faut répandre partout l'amour de Dieu. le prêcher, le faire comprendre et pratiquer à beaucoup d'âmes. Dieu sera plus aimé quand Il sera plus connu ; Il sera aussi plus connu quand Il sera plus aimé, et rien n’affermira et n’étendra mieux le règne de la Vérité que le règne de l'Amour. C'est un grand honneur et une joie profonde de prêcher l'amour divin et de procurer à Dieu des actes d'amour. La bienheureuse Mère Barat, fondatrice de la Société du Sacré-Cœur, au moment d'envoyer les premières religieuses missionnaires qui ont tant contribué à étendre l'Église catholique dans les deux Amériques, leur disait avec un accent enflammé : « Ah ! quand vous n'iriez si loin que pour y établir un tabernacle de plus et faire prononcer à un pauvre sauvage un seul acte d’amour, ne serait-ce pas assez pour le bonheur de votre vie et pour le mérite de votre éternité ? » Le P. Faber, dans son Tout pour Jésus ! veut donner à Jésus des vies d'amour. Ah ! si je pouvais persuader à un seul d'entre vous de servir Jésus par amour, quelle joie ce serait pour le ciel ! Quel bonheur pour Marie ! Quelle consolation pour le Sacré-Cœur de Jésus ! Une âme de plus dans le monde qui sert Dieu par amour ! O doux Sauveur, des milliers d'années passées dans la pénitence n'achèteraient point trop cher le plaisir de Vous offrir une telle consolation ! Le soleil et ses voiles de pourpre, les cieux et leur couronne d'étoiles, les montagnes et leur parure, les mers et leurs reflets brillants, les bois et leurs parfums, les fleurs et leur émail sont loin d'égaler la beauté d'une âme qui sert Jésus par amour, au sein des douleurs communes, dans cette vallée de larmes. C'est le même désir qui arrachait au cœur de sainte Thérèse ce cri d'amour et d'apostolat universel : « Oh ! que je voudrais tenir les cœurs de tous les hommes dans ma main pour les consumer tous dans un brasier d'amour ! »

















Chapitre 4

Quelques exemples.



Rien ne doit être plus populaire et plus à la portée de tous que l'amour de Dieu. Pour tous « c'est si doux d'avoir un cœur et, tout petit qu'il est, de pouvoir s'en servir pour aimer Dieu !¹ » Aussi les cœurs humbles et droits, qui ne sont pas gâtés par les passions ou desséchés par l’orgueil et les excès de raisonnement, s’ouvrent très vite à cette vie de l’amour de Dieu. « En vérité, je vous le dis, quiconque n'aura point reçu le royaume de Dieu comme un petit enfant ne pourra y entrer.² » Heureux les cœurs qui savent ainsi recevoir et garder ce royaume, ce règne de Dieu qui est son amour ! Elle comprenait par le cœur et pratiquait l’amour parfait, cette petite enfant qui, après avoir dit aimer sa mère « grand comme ces maisons » et son père « grand comme ces montagnes », c'est-à-dire comme les Alpes qu'on voyait au loin, s'éleva plus haut d'un bond de l'esprit et du cœur. Combien grand veux-tu donc aimer Dieu ? Réponds-moi. L'enfant resta confuse, interdite et muette ; mais, relevant sa blonde tête : « Dieu, dit-elle, d'un ton où son âme parlait, Dieu, je L'aime grand comme il est !³ »

« Je vous aime, ô mon Dieu, grand comme le ciel et la terre! » disait un enfant qui est devenu le P. Chevrier, prêtre lyonnais de sainte mémoire. Un prêtre, rencontrant un enfant de treize ans qui, ce jour-là, faisait le travail de son père, lui apprit à casser les cailloux par amour pour Dieu. Deux ans après, le prêtre rencontra le même enfant et sut de lui qu'il continuait à casser les cailloux par amour. Ce même prêtre avait appris à un vieux mineur aveugle à bercer son petit-fils pour le même motif. Chaque mouvement du berceau devait être à la fois un acte d'amour de Dieu, et une prière pour le salut de la chère âme. Plusieurs années de suite, car dans cette famille bénie les enfants furent nombreux, le vieillard faisait écrire au prêtre qu'il continuait à bercer tous ses petits-enfants aux mêmes intentions.

Une personne ignorante selon le monde se recueillait quelquefois dans son travail ou dans sa marche, comme pour se mettre la main sur le cœur et s'assurer qu'elle faisait tel mouvement, telle action par amour pour Notre-Seigneur. Petite marchande au détail, elle disait : « Quand je pèse quelque chose, il me semble que je pèse de l'amour pour Notre-Seigneur. » Son confesseur lui demandait si elle faisait bien toutes choses par amour pour Dieu. « Oh ! je pleurerais, dit-elle, si une seule de mes actions échappait à l'amour de Dieu ! » Un jour, elle embrassa son Crucifix en poussant ce cri d'amour, dont elle prit l'habitude : « Mon Dieu, je Vous aime pour le monde entier ! »

Un vieillard, grand chrétien qui vécut au milieu du monde, et qu'on disait avoir conservé son innocence baptismale, exposait dans l’intimité à un jeune homme le moyen de ne jamais commettre un péché mortel. Il suffit, disait-il, d'aimer Dieu de tout notre cœur... Comment peut-on offenser Dieu quand on L'aime ?... En pleine tentation, il faut dire et redire à Jésus : Je Vous aime trop, pour Vous offenser ! Le jeune homme est devenu prêtre et n'a oublié, ni pour lui-même, ni pour les âmes, la leçon du pieux vieillard.

Un vieux général, revenu de bien des batailles et de bien des erreurs, s'écriait après la sainte Communion : « Jamais je n'ai aimé comme j'aime Jésus-Christ; je ne me croyais pas capable de tant d'amour. » L'amour de Jésus était toute sa vie.

Dans la profondeur et la délicatesse de son amour pour Jésus une âme sainte s'écriait, inconsolable d'une faute légère : « Vous me dites que ce péché est véniel !... Il est mortel pour mon cœur ! »

Un frère coadjuteur qui, pendant de longues années, avait rempli l'office de tailleur dans sa communauté, gardait au moment de la mort un calme et une joie qui étonnaient et inquiétaient un peu ses frères. Interrogé à ce sujet, il montra une aiguille qu'il gardait à sa portée. « Voilà, dit-il, la cause de ce qui vous étonne. Je n'ai jamais tiré mon aiguille que pour l'amour du bon Dieu. Autant de points, autant d'actes d'amour... Vous savez maintenant pourquoi je suis si heureux de mourir. »

Une âme avait grand peine à faire les sacrifices nécessaires à son progrès dans la piété ; elle résistait ouvertement au confesseur qui les lui demandait au nom de l'amour de Notre-Seigneur. Le directeur, devant ces résistances obstinées ne pouvait que lui dire :

— Eh bien ! vous réfléchirez. » Quand elle revenait, les sacrifices demandés étaient généreusement consommés ; l'amour de Jésus avait remporté toutes les victoires.

— Et comment avez-vous pu enfin vous décider ?

— Mais vous le savez bien, mon Père ! Je ne puis rien lui refuser. »

Une pauvre malade souffrait d'une horrible maladie et plus encore des angoisses de sa conscience. La pensée toujours présente de ses péchés, quoique pardonnés, l'accablait jour et nuit et ne lui laissait aucun repos. Une jeune Sœur tourière du Carmel fut pour elle l'ange de la lumière et de la consolation en lui disant :

— Pourquoi vous tourmenter, puisqu'un seul acte d'amour de Dieu peut effacer toute une vie de péchés ? » Cette âme désolée fut alors soulagée et resta désormais tout à la joie de souffrir par amour pour Dieu. La petite Carmélite assista aux derniers moments de sa chère malade, qui mourait dans une paix du ciel.

— Où sont vos péchés, maintenant ? lui dit-elle en souriant.

— Ma Sœur, je ne les retrouve plus ; ils sont noyés dans l'amour ! » Admirable et vivant commentaire de la parole de l'Esprit-Saint : «La charité couvre la multitude des péchés. »

« Aimer le bon Dieu, disait une petite fille interrogée par un missionnaire, c'est ne jamais Lui faire de la peine et toujours Lui faire plaisir. »

Mgr de Ségur avait appris à un malade un chapelet de l'amour de Dieu, qui consistait à réciter sur chaque grain une formule de l'acte d'amour. Le malade mourut sanctifié. Une autre âme simple, vouée à l'amour et à la prière, récitait tour à tour sur les grains de son chapelet les deux formules suivantes : « O Jésus, notre Tout-Amour, apprenez-nous à Vous aimer pour tous ceux qui ne vous aiment pas! » et « O Marie, Mère du bel amour, apprenez-nous à aimer Jésus, notre Tout-Amour. »

Seigneur, vous avez placé dans le cœur et sur les lèvres des humbles et des petits la louange la plus parfaite, la plus glorieuse et la plus délicieuse à votre cœur, la louange de l'amour¹ : « C'est pour confondre l'enfer et anéantir l'effort de vos ennemis, » « Je vous rends grâces, ô mon Père, Seigneur du ciel et de la terre, d'avoir caché ces mystères aux sages et aux prudents, pour les révéler aux petits. Il en est ainsi, ô mon Père, parce que telle a été votre volonté.² » Esprit-Saint, Amour vivant du Père et du Fils, venez en nos cœurs et embrasez-les du feu de votre amour !















Deuxième Partie

La pratique du parfait amour de Dieu

Chapitre 1

Offrande d'Amour.



Dès qu'une âme a compris combien l'acte d'amour parfait plaît à Dieu et augmente la valeur de nos actions, elle doit se sentir remplie d'un grand et noble désir : faire de sa vie tout entière comme un immense acte d'amour parfait, une vraie vie toute d'amour. Pour cela, il faut tout faire, tout souffrir, comme disent les bonnes gens, par amour pour Dieu ! Or, ce n'est pas là une chose difficile. Pour qu'une action soit faite ou une souffrance supportée avec amour pour Dieu, il n'est pas nécessaire de penser à Lui à chaque instant, de Lui répéter à chaque minute qu'on veut agir ou souffrir par amour. Il suffit d'avoir formé et de renouveler de temps en temps cette résolution bien arrêtée. La résolution une fois prise, tant que nous n'en détruirons pas l'effet par un acte de volonté contraire, tout ce que nous ferons, tout ce que nous souffrirons, sera très réellement fait et souffert par amour pour Dieu.

Le fils qui travaille pour soutenir son vieux père ne pense pas constamment à celui pour qui il travaille, et cependant son travail tout entier avec chacune de ses peines est réellement inspiré par l'amour qu'il porte à son père.¹



I. — Donc, si nous voulons que nos journées tout entières, avec leurs mille petits détails, soient remplies par l'amour de Dieu, sans que rien lui échappe, il faut :

1° Dès notre réveil, offrir à Dieu par amour tout ce que nous aurons à faire ou à souffrir.

2° Ne pas détruire l'effet de cette offrande en formant dans la suite un acte de volonté contraire, ou en renonçant par le péché mortel au divin Amour.

3° Mais il va sans dire qu'il nous sera très bon de renouveler cette offrande dans le cours de la journée. Plus nous la renouvellerons, plus puissant sera son effet, car nous agirons plus sûrement encore dans tous les détails de notre vie pour Dieu et nous Lui donnerons un plus grand amour.



II. — Nous pouvons nous servir de l'offrande contenue dans la prière du matin ou de toute autre semblable. Le plus important, ce n'est pas la formule, mais la disposition intérieure de celui qui la prononce ; ce n'est point la récitation de l'offrande, mais l’amour de celui qui la récite, la générosité avec laquelle il se donne réellement à Dieu, l'attention à offrir, à donner fréquemment à Dieu sa volonté et son cœur, et à sanctifier toutes choses par le motif du divin Amour.



III. — Rien n'est plus propre à rendre notre amour pour Dieu perpétuellement et en toutes choses actif et pratique. Le moyen est extrêmement simple, facile et assuré. Bien des âmes, surtout quand elles ont été instruites, soutenues, dirigées dans cette voie, y ont trouvé la lumière, la force, la générosité, la joie, l'élan vers Dieu, le progrès dans la piété, la nourriture habituelle de leur âme, la satisfaction de tous les besoins de leur cœur, l'orientation, le parfait emploi et l’unité de leur vie.



IV. — Mais si nous voulons que l'amour parfait produise en nous tous ces effets, rappelons-nous bien qu'il n'est pas suffisant pour nous d'offrir à Dieu nos actions d'une façon vague et générale, qui laisse notre amour envers Lui à l'état de simple désir et de pur sentiment. Il faut de plus que notre conduite témoigne de notre amour pour Dieu, car nous devons prouver à Dieu l'amour que nous lui exprimons. Il faut que nous fassions de véritables efforts pour rendre notre amour pratique et effectif, il faut même que, par la force de cet amour, nous nous imposions de saintes violences :

Pour éviter avec soin les moindres péchés;

Pour corriger nos défauts de caractère;

Pour pratiquer les vertus chrétiennes, surtout l'humilité, la bonté, la patience, la douceur, l'obéissance, la mortification ;

Pour remplir fidèlement nos devoirs d'état¹ ;

Pour faire le mieux possible nos actions ordinaires;

Pour sanctifier par l'amour de Dieu nos travaux et nos souffrances de chaque jour. En un mot, nous devons réaliser l'exhortation pressante de l'apôtre saint Jean : « Mes enfants, n'aimons pas seulement en paroles et avec la langue, mais par des œuvres et dans la vérité¹. »



V. — Puisque le commandement d'aimer le prochain est inséparable du commandement d'aimer Dieu, nous rendrons très pratique notre amour pour Dieu, en aimant notre prochain. Tous nos actes d'amour et d'apostolat individuel et social envers nos frères, tous les travaux, tous les services et tous les sacrifices multipliés pour eux par notre dévouement et notre zèle multiplieront nos actes d'amour envers Dieu et Notre-Seigneur. Jésus a promis de récompenser le verre d'eau donné en son nom, et Il a dit: « Tout ce que vous avez fait pour l'un de ces petits, c'est à moi-même que vous l'avez fait.² »













Chapitre 2

Offrande d'amour par le Sacré-Cœur et pour le Sacré-Cœur.



Voici une formule d'offrande très complète, dont beaucoup d'âmes se servent avec grand fruit :

O Jésus, Souverain Prêtre,

Par le Cœur immaculé de Marie et avec tous ceux qui Vous aiment,

Je Vous offre et Vous consacre toutes mes prières, toutes mes actions, toutes mes souffrances, ma vie et ma mort,

Par amour pour Vous,

En union avec votre Sacré-Cœur,

A toutes les intentions de votre Sacré-Cœur.

Le matin, on fait l'offrande. Pour la renouveler dans la Journée, il est plus aisé de dire et de redire : Tout par amour ! Tout en union avec le Sacré-Cœur ! Tout pour le Sacré-Cœur ! Par ces formules abrégées, les âmes sanctifient toutes leurs journées en s'animant à bien travailler et à bien souffrir, ce qui, avec le devoir et la prière, est tout l'homme, tout le chrétien, notre vie tout entière. Nous pouvons encore mettre notre offrande et toutes ses intentions dans l'oraison jaculatoire indulgenciée par saint Pie X : Tout pour votre amour, ô Cœur de Jésus ! Ou dans une prière plus courte : Mon Dieu !... Notre Père !... Jésus !... Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit ! Ou encore dans un simple signe de Croix fait sur le front ou sur le cœur.

Explication de la formule d'offrande.

O Jésus !… Jésus, Fils de Dieu fait homme, mérite tout amour¹ ; il nous offre et nous donne tout amour en se donnant tout entier à nous ; Dieu, Sauveur, Ami, Frère, Il demande tout notre amour. Devant son Père, Jésus résume, répare, complète, divinise tout l'amour de l'humanité et toutes les offrandes de mon cœur. Par Jésus, avec Jésus, en Jésus, je puis donner sans cesse à la Trinité sainte infiniment mieux que mon pauvre amour de créature en Lui donnant l'amour d'un Dieu !



Souverain Prêtre...

1° L'offrande à Jésus, souverain Prêtre, fait passer par ce divin Médiateur toute notre vie d'amour et nous associe à la religion et à l'immolation sacerdotales de Jésus.

2° Elle rappelle aux prêtres et aux futurs prêtres que leur Modèle est Jésus-Christ. En offrant tout à Jésus, souverain Prêtre, ils pensent souvent à la grandeur et à la sainteté de leur état et s'appliquent constamment à réaliser une vie sacerdotale sanctifiée par l'amour qui remplit le Cœur même de Notre-Seigneur, le Prêtre par excellence. L'union pratique à l'amour sacerdotal de Jésus fait de plus en plus du prêtre ce qu'il doit être : un autre Jésus-Christ.

3° L'offrande à Jésus, souverain Prêtre, s'adresse aussi à toutes les âmes qui, par leurs prières, leurs sacrifices et toute leur vie, veulent travailler à l'œuvre des œuvres, qui est l'œuvre des prêtres. Donner à l'Église de saints prêtres, les aider de toutes nos forces, voilà un moyen très puissant de glorifier Dieu, de réjouir le Cœur de Jésus, de sauver et de sanctifier beaucoup d'âmes. Le prêtre est un multiplicateur. Plus il sera saint, plus nombreuses seront les âmes qu'il sauvera et qu'il sanctifiera. Nous ne prierons, nous ne souffrirons jamais trop pour les prêtres, puisque Dieu leur a confié tout son règne de vérité et d'amour. Nous y travaillerons nous-mêmes en eux et par eux, en priant, en souffrant pour leur sanctification et leur ministère.



Par le Cœur immaculé de Marie...

Puisque Dieu regarde moins le don que l'amour de celui qui donne, combien Jésus aura pour délicieux ce que nous lui offrirons par le Cœur très saint de notre douce Médiatrice, sa divine Mère devenue notre Mère ! C'est la réalisation de ces devises, chères aux enfants de Marie : « Tout à Jésus par Marie ! Tout à Marie pour Jésus ! »



Je Vous offre et Vous consacre...

Par cette offrande, non seulement nous donnons à Dieu toutes nos prières, toutes nos actions, toutes nos souffrances, mais nous les Lui consacrons pour en faire des choses sacrées, c'est-à-dire appartenant à Dieu seul et ne pouvant servir qu'à Lui, à son usage, à son amour, comme un lieu consacré, un vase sacré ne peuvent pas être employés à des usages profanes .



Par amour pour Vous...

Le Tout par amour de notre cœur et de notre vie est tout simplement notre réponse pratique, continuelle, au Tout par amour de Dieu et du Cœur de Jésus à notre égard. De la part de Dieu, dans l'ordre naturel et dans l'ordre surnaturel, tout nous vient de sa bonté et de son amour. N'est-il pas raisonnable que nous fassions tout retourner vers Lui par notre offrande d'amour ? Sur la terre, notre divin Sauveur a tout fait et tout souffert par amour pour chacun de nous. Il est donc bien juste que, à notre tour, nous voulions tout faire et tout souffrir par amour pour Lui. Le Tout par amour élève, sanctifie et féconde toute notre vie. Une âme vivant au milieu du monde et de mille tracas écrivait : « Je n'ai pas de peine à faire tout par amour, car ce tout par amour est ma prière perpétuelle, l'écho perpétuel de mon cœur au divin Cœur, sa respiration, sa vie. Aucun acte ne lui échappe, aucune souffrance, excepté, hélas ! ce que la nature lui ravit. » Sainte Mechtilde, avant de s'endormir, faisait cette admirable prière : « O doux Cœur de Jésus, Repos de ceux qui Vous aiment, puisque pendant mon sommeil je ne puis louer Dieu, offrez pour moi à la Très Sainte Trinité autant d'hymnes de louanges que mon cœur aura de battements, et joignez-y autant de vives étincelles d'amour que ma bouche respirera de fois. » Saint Paul n'a-t-il pas dit : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu¹. » La gloire que Dieu attend de nous, c'est l'amour, l'amour sur la terre, l'amour dans le ciel.



En union avec le Sacré-Cœur...

1° Nous unissons ainsi deux choses qui vont très bien ensemble ; la vie d'amour et la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus. La dévotion au Sacré-Cœur n'est pas seulement un culte extérieur d'adoration et de réparation offert à Jésus-Christ, un ensemble de prières et de pratiques demandées par Notre-Seigneur et approuvées par l'Église. Elle est surtout une vie, une participation à la vie du Cœur de Jésus, source inépuisable et modèle le plus parfait de la vie d'amour puisque sans cesse il est tout embrasé d'amour pour Dieu et pour les hommes.

2° Ces mots expriment ce qu'on a coutume d'appeler la vie intérieure, la vie d'union à Jésus, la vie d'imitation de Notre-Seigneur. Vivre de la vie intérieure, être uni à Jésus, imiter Notre-Seigneur, c'est penser, prier, aimer, agir, souffrir, faire toutes choses pour Lui, en Lui, en dépendance de sa volonté, dans son esprit, avec les dispositions que son Cœur apportait aux mêmes actions, aux mêmes souffrances. Par toute notre vie nous nous efforçons de réaliser tout cela en faisant et en souffrant toutes choses en union avec le Sacré-Cœur.

3° Nous offrons par là tout l'amour, tous les mérites du Cœur de Jésus et nous y unissons toutes nos actions, toutes nos prières, tous nos sacrifices pour les couvrir et les enrichir de la valeur infinie des actions, des prières et des immolations de Jésus-Christ. Unis au Cœur de Jésus, nous pouvons à la fois donner et recevoir plus d'amour et réaliser plus efficacement le Tout par amour !



A toutes les intentions du Sacré Cœur...

Faire et souffrir toutes choses aux intentions du Sacré-Cœur, c'est nous unir aux intentions pour lesquelles Jésus s'est offert dans l'Incarnation et la Rédemption, et ne cesse de s'offrir dans le ciel et dans la sainte Eucharistie : pour la glorification de son Père, pour les justes et les pécheurs, et aussi pour nous-mêmes. Mais le Cœur de Jésus a des intentions spéciales ; il a fait des promesses et révélé des desseins particuliers : une victoire de l'Église, la délivrance de la France, le renouvellement des âmes, le Règne universel de son amour. Tout cela est historique, précis, certain. Offrir toutes choses aux intentions du Sacré-Cœur, c'est donc demander sans cesse l'accomplissement de ses desseins d'amour sur le Souverain Pontife, sur la France, l'Église, le monde et sur chacun de nous. Aucune prière ne peut être plus chère et plus délicieuse au Cœur de Jésus, et jamais nous ne sommes plus sûrs d'être exaucés qu'en Lui demandant ce qu'il demande Lui-même de toute l'ardeur et de toute la puissance de son amour, pour la gloire de son Père, pour l'Église et pour les âmes. Dans l’évangile, Il a dit : « Je suis venu apporter le feu sur la terre, et comme je voudrais que déjà il fut allumé ! » Il a dit aussi à sainte Marguerite-Marie : « C'est par mon Cœur que je régnerai... malgré Satan et ses suppôts ! » Le Règne du Sacré Cœur n'est pas autre chose que le Règne de Dieu par le Cœur de Jésus et ses abondantes effusions de charité. Quand le Sacré-Cœur sera connu, aimé, vécu par un grand nombre de cœurs, le monde sera renouvelé par le divin Amour et verra se réaliser dans une large mesure que Dieu connaît, ce que Notre-Seigneur nous fait demander par Lui et avec Lui à son Père : « Que votre Nom soit sanctifié ! Que votre Règne arrive ! Que votre Volonté soit faite sur la terre comme au ciel ! »¹

















Chapitre 3

Union dans le Sacré-Cœur et pour le Sacré-Cœur.



Par l'offrande d'amour au Sacré-Cœur, une âme peut travailler efficacement à la réalisation de tous les desseins de Notre-Seigneur et à sa sanctification personnelle. Mais, pour atteindre ces deux buts, sa prière sera bien plus puissante si elle est unie aux prières d'autres âmes qui aiment Dieu. Voilà pourquoi nous disons dans l'offrande :

Avec tous ceux qui Vous aiment…



I — Nous nous unissons d'abord à tous les cœurs qui aiment Dieu dans le ciel et au purgatoire. Intimement et toujours unis à la Sainte Vierge, aux neuf chœurs des anges, aux saints, à tous les élus, quelle perfection et quelle puissance d'amour nous pouvons donner à toutes nos prières, à toutes nos actions, à tous nos sacrifices, à toute notre vie !



II — Nous nous unissons aussi à tous les chrétiens qui, sur la terre, veulent aimer Dieu et vivre pour le Règne de son amour dans tous les cœurs. Jésus a dit : « Si deux d'entre vous s'unissent sur cette terre pour demander n'importe quoi à mon Père en mon nom, Il le leur accordera.¹ » Quelle sera donc la puissance d'une prière commune offerte en tous lieux à Jésus par des milliers d'âmes réunies en son divin Cœur ! Dieu pourrait-il refuser quelque chose à des âmes nombreuses qui, ensemble, pour travailler à l'œuvre du Cœur de Jésus, Lui offrent par amour tout ce qu'elles font et tout ce qu'elles souffrent ?² Voilà pourquoi on engage toutes les âmes de bonne volonté à s'unir ensemble pour former dans le Cœur de Jésus une véritable Société surnaturelle de secours mutuels.

1° Par cette union, sans se connaître, les âmes mettent en commun toutes leurs actions, tous leurs exercices de piété, toutes leurs souffrances, pour aimer et faire aimer Dieu et Notre-Seigneur Jésus-Christ.

2° L'union est perpétuelle et universelle. Les âmes, quoique dispersées dans les cinq parties du monde, ne se trouvent jamais isolées. Elles forment une grande armée très compacte où tous les soldats veulent vivre, combattre, souffrir et mourir pour la plus douce et la plus sainte des causes. L'armée de la haine et de l'indifférence sera vaincue par l'armée de l'amour de Dieu. Cette union est purement intérieure. Elle n'a d'autre centre que le Cœur de Jésus, d'autre lien que son amour. Pas d'assemblée générale ou locale, aucune inscription, aucun registre, aucun rouage administratif. Elle est simplement une application plus habituelle, plus pratique et plus efficace, une véritable mise en œuvre de la communion des saints, la diffusion d'un principe très fécond de sanctification et d'apostolat perpétuel et universel.

4° En dehors des devoirs de la vie chrétienne, aucune pratique spéciale de piété n'est imposée. Tout est laissé à la générosité des âmes, au zèle et à la sagesse des prêtres et des religieux qui les dirigent.

5° Cette union ne peut gêner aucune œuvre. Toutes les œuvres, sans rien changer à ce qu'elles sont, en gardant leur but, leurs règles, leur méthode, peuvent y trouver, avec un accroissement de sève, de vie et de ferveur, le secours puissant d'une multitude d'âmes à qui elles restent partout et toujours unies. Cette union peut même être le lien vivant de toutes les œuvres dans le Cœur de Jésus, « Roi et centre de tous les cœurs ».

6° Tous portent sans cesse devant Dieu les intentions, les besoins et les œuvres de chacun.

Une seule âme, un seul cœur,

Une seule et même prière,

Une seule et même vie d'amour et d'apostolat !





Conclusion



Sans autres formalités, donnons notre nom au Divin Maître, qui nous inscrira Lui-même dans son Cœur, et mettons-nous tout de suite, par la pratique de l'offrande d'amour, à cette vie et à cette union qui attirent de très grandes grâces. Livrons-nous, consacrons-nous à l'amour de Dieu et de Notre-Seigneur Jésus-Christ dans la pleine liberté de notre cœur. « En la galère royale du divin Amour, il n'y a pas de forçats ; tous les rameurs sont volontaires¹. »

Cœur Sacré de Jésus, que votre règne arrive !











Prières



O Jésus, Souverain Prêtre,

Par le Cœur immaculé de Marie et avec tous ceux qui Vous aiment,

Je Vous offre et Vous consacre toutes mes prières, toutes mes actions, toutes mes souffrances, ma vie et ma mort,

Par amour pour Vous,

En union avec votre Sacré-Cœur,

A toutes les intentions de votre Sacré-Cœur.

Père Crozier



Mon Père,

Je m’abandonne à Vous ; faites de moi ce qu’il Vous plaira ; quoique Vous fassiez de moi, je Vous remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout. Pourvu que Votre volonté se fasse en moi, en toutes vos créatures, je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre vos mains ; je Vous la donne , mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,

parce que je Vous aime, et que ce m’est un besoin d’amour de me donner, de me remettre entre vos mains sans mesure,

Avec une infinie confiance, car Vous êtes mon Père.

Père de Foucauld



Que m’arrivera-t-il aujourd’hui, ô mon Dieu ?

Je l’ignore. Tout ce que je sais, c’est qu’il ne m’arrivera rien que Vous ne l’ayez prévu de toute éternité.

J’adore Vos desseins éternels et je m’y soumets de tout mon cœur.

Je veux tout, j’accepte tout, je Vous fais un sacrifice de tout,

et j’unis ce sacrifice à Celui de Votre cher Fils, mon Sauveur,

Vous demandant par son Sacré-Cœur et ses mérites infinis,

la patience dans mes maux et la parfaite soumission qui Vous est due pour tout ce que Vous voudrez ou permettrez.

Madame Élisabeth de France



Transmis par Admin Actif Samedi 09 Avril 2005 (2348 lectures)
  Envoyer cet article à quelqu'un  Format imprimable
Comment aimer Dieu ? par le père Crozier | S'identifier ou créer un nouveau compte | 2 Commentaires
Les commentaires appartiennent à leur auteur.
Ils ne représentent pas forcément les opinions de l'auteur du site.

RE: Bondudogipumarynory

(Score : 0)
par Anonymous Actif 01 Jn 2007 - 07:19
R
Lire la suite du commentaire...

RE: Bonduvydoveqube

(Score : 0)
par Anonymous Actif 10 Oct 2007 - 09:55
G
Lire la suite du commentaire...


Connexion





 


 Problème de connexion ?
 Nouvel utilisateur ? Enregistrez vous !

Rubriques du site

Online

Il y a 2 visiteurs et 0 membres en ligne.

Vous pouvez vous identifier ou vous inscrire ici.

 

Login





 


 Problème de connexion ?
 Nouvel utilisateur ? Enregistrez vous !