Benoît XVI défend les valeurs de la Famille
5e Rencontre mondiale des familles
Benoît XVI est rentré à Rome cet après-midi après une visite éclair à Valence, en Espagne, au cours de laquelle
il a défendu les valeurs de la famille et du mariage. Le pape a conclu son voyage àpar une messe célébrée devant plusieurs centaines de milliers de pèlerins, lui donnant une nouvelle occasion de vanter la "merveilleuse réalité" du mariage chrétien et de la famille.
Peu avant 9h30, il est arrivé sur une plate-forme de 2.500 m2 installée sur un pont coupé à la circulation, surmontée d'une tour dessinant une croix. Le roi Juan Carlos et la reine Sofia étaient présents. Le gouvernement était représenté par les ministres de la Justice, Fernando Lopez Aguilar, et des Affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, au côté du Premier ministre, José Luis Rodriguez Zapatero.
Comme il l'a fait depuis son arrivée samedi en fin de matinée à Valence, bastion conservateur dans une Espagne gouvernée par la gauche laïque, le pape s'est abstenu de critiquer ouvertement les réformes telles que le mariage homosexuel ou la libéralisation de l'avortement, qui ont heurté de front l'Eglise catholique.
Mais il a insisté dans son homélie sur les valeurs du "mariage indissoluble entre un homme et une femme" et sur "le droit et le devoir inaliénable des parents" à transmettre à leurs enfants "un patrimoine d'expériences" issu des générations antérieures, et notamment leur foi religieuse. "L'Eglise nous enseigne à respecter et à promouvoir la merveilleuse réalité du mariage indissoluble entre un homme et une femme, qui est aussi l'origine de la famille", a déclaré le souverain pontife sous des applaudissements nourris.
M. Zapatero est la bête noire de l'épiscopat espagnol pour avoir impulsé dans ce pays aux vieilles traditions catholiques des réformes heurtant de front l'Eglise (mariage homosexuel, divorce et avortement plus faciles, suppression du catéchisme obligatoire à l'école).
La montée en puissance dans toute l'Europe de la revendication du mariage homosexuel confère à ce déplacement une dimension polémique et politique. Mais Benoît XVI, venu présider la clôture de la 5e Rencontre mondiale des familles, a adopté un ton conciliant, sans rien céder sur le fond. "Mon désir est de proposer le caractère central, pour l'Eglise et pour la société, de la famille fondée sur le mariage", a-t-il déclaré à hier son arrivée à l'aéroport.
Aux évêques espagnols, rassemblés dans la cathédrale de Valence, il a ensuite remis une lettre pastorale les exhortant à "continuer à proclamer sans (se) décourager que se passer de Dieu, agir comme s'il n'existait pas ou reléguer la foi dans la sphère purement privée détruit la vérité de l'homme et hypothèque l'avenir de la culture et de la société".
Interrogé par des journalistes à bord de l'avion qui l'emmenait à Valence, il avait affirmé vouloir "mettre la lumière sur les choses positives" plutôt que sur "le négatif", prenant le contre-pied de déclarations très dures de certains prélats espagnols ou du cardinal colombien Alfonso Lopez Trujillo, organisateur de la rencontre de Valence.