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20 Août 2008
 

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23ème dimanche ordinaire





1ère lecture :Sirac le Sage 9, 13 - 18
2ème lecture :Lettre à Philémon 9,... 17
Evangile :Saint Luc 14, 25 - 33


Jamais peut-être Jésus n’était accompagné par des foules si empressés extérieurement à l’écouter. Il est vrai que les foules ont toujours suivi Jésus. Mais au début de son ministère en Galilée, leur enthousiasme durait peu ; leur curiosité une fois satisfaite, les foules se dispersaient laissant Jésus seul avec les douze Apôtres. Maintenant elles cheminaient avec lui et lui faisaient un cortège habituel. C’est que, à mesure que le terme approchait, plusieurs s’attendaient à l’avènement prochain du Royaume de Dieu où ils voudraient bien, comme les deux frères Jacques et Jean, occuper une place honorable. Ce qui retenait ces gens auprès de Jésus, c’était moins l’attachement à sa personne et le dévouement à sa cause qu’un vague espoir d’intérêt et d’ambition. Il fallait détruire ces illusions et détromper ces calculs. C’est pourquoi Jésus, se tournant vers la foule qui suit obstinément ses pas, lui adresse ces paroles austères : « Si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère et jusqu’à sa propre vie, il ne peut être mon disciple. Celui qui ne porte pas sa croix pour marcher derrière moi, ne peut être mon disciple. » Il est vrai que les simples chrétiens doivent être prêts à tout sacrifier,

si le devoir l’exige, à rompre avec les affections les plus légitimes si elles sont incompatibles avec la loi de Dieu. Mais Jésus s’adresse d’abord aux disciples effectifs et à ceux qui aspirent à le devenir. Car il y a disciples et disciples. Jésus n’exigeait pas de tous les croyants la pratique de l’abnégation absolue, l’abandon total de leurs biens et de leur famille. Il avait à Béthanie, à Capharnaüm, à Jérusalem et ailleurs des fidèles qui n’avaient quitté ni leurs parents, ni leurs propriétés. Au jeune homme riche qui l’interroge sur la voie du salut, il n’impose d’autre obligation que la pratique des commandements, mais il ajoute : « Si tu veux être parfait, vends tout ce que tu possèdes et donnes-en le produit aux pauvres; ensuite viens et suis-moi. » Il y a donc la voie du salut et celle de la perfection, le chemin des commandements et celui des conseils. Qui veut suivre Jésus comme les douze Apôtres, comme les 72 disciples, doit renoncer à ses biens, à sa famille, à sa patrie et jusqu’à sa propre personne. Plus de réserve, ni de répit. Jésus refuse à l’un la permission de prendre congé des siens, à un autre celle d’enterrer son père. A ces ambitieux qui aspirent à l’honneur d’être ses auxiliaires dans l’apostolat et ses collaborateurs dans l’œuvre de Dieu, il recommande de ne pas se décider à la légère ; il leur rappelle qu’il n’a pas une pierre où reposer la tête.
Frères et sœurs dans le Christ, les conseils évangéliques peuvent imposer aux disciples élus des sacrifices et des renoncements allant jusqu’à l’héroïsme, les exigences de l’Evangile demandent aussi à tous beaucoup d’effort pour demeurer fidèles à Dieu. Cependant, cela ne se fait pas sans récompense, car le courage et la fidélité procurent la paix du cœur et de la conscience comme l’a si bien dit un poète :
Le devoir dût-il vous déplaire
N’enfanta jamais le regret.
S’il coûte quelque peine à faire,
C’est un plaisir quand il est fait.
Que la grâce divine du Sacrifice de la Croix qui nous est donnée de commémorer à chaque Messe nous donner la force et l’amour du devoir bien fait à l’exemple de Celui qui l’a accompli jusqu’au sacrifice suprême de sa vie. Amen.







Homélie du Père Cantalamessa


Sois modeste dans ton activité !

Le début de l’Evangile de ce dimanche nous aide à corriger un préjugé largement répandu : « Un jour de sabbat, Jésus était entré chez un chef des pharisiens pour y prendre son repas, et on l'observait ». En lisant l’Evangile sous un certain angle, on a fini par faire des pharisiens le prototype de tous les vices : l’hypocrisie, la duplicité, la fausseté ; les ennemis de Jésus, par antonomase. Le terme « pharisien » et l’adjectif « pharisaïque » sont entrés dans le vocabulaire de notre langue et de nombreuses autres langues, avec ces significations négatives.

Cette idée des pharisiens n’est pas juste. Il y avait sûrement parmi eux de nombreux éléments qui correspondaient à cette image et c’est à eux que le Christ s’est durement opposé, mais ils n’étaient pas tous ainsi. Nicodème, qui rend visite à Jésus la nuit et plus tard le défend devant le Sanhédrin, était un pharisien (cf. Jn 3,1 ; 7, 50 ss.). Saul avant sa conversion était également un pharisien. Même s’il était mal inspiré, il était certainement sincère et rempli de zèle. Gamaliel qui défendit les apôtres devant le Sanhédrin était un pharisien (cf. Ac 5, 34 ss.).

Les relations de Jésus avec les pharisiens n’ont pas toujours été conflictuelles. Ils partageaient souvent les mêmes convictions, comme la foi dans la résurrection des morts, la conviction sur l’amour de Dieu et du prochain comme étant le premier commandement de la loi et le plus important. Certains, comme dans notre cas, l’invitent même à déjeuner chez eux. On sait aujourd’hui que ce ne furent pas tant les pharisiens à vouloir la condamnation de Jésus que la secte adverse des Sadducéens à laquelle appartenait la caste sacerdotale de Jérusalem.

Pour toutes ces raisons, il serait hautement souhaitable que nous cessions d’utiliser les termes « pharisien » ou « pharisaïque » au sens péjoratif. Ceci profiterait également au dialogue avec les Juifs, qui se souviennent avec beaucoup d’honneur du rôle joué par le courant des pharisiens dans leur histoire, surtout après la destruction de Jérusalem.

Au cours du déjeuner, ce samedi-là, Jésus donna deux enseignements importants : l’un adressé aux invités, l’autre à leur hôte. Jésus dit au maître de maison (peut-être en tête-à-tête ou en présence des apôtres seulement) : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n'invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ». Jésus lui-même a invité au grand banquet du Royaume, des pauvres, des affligés, des doux, des affamés, des persécutés (les catégories de personnes présentées dans les Béatitudes).

Mais c’est sur ce que Jésus dit aux invités que je voudrais m’arrêter cette fois. « Quand tu es invité à des noces, ne va pas te mettre à la première place… ». Jésus n’entend pas enseigner les bonnes manières. Personne n’a l’intention d’encourager les calculs subtils de celui qui choisit la dernière place avec le secret espoir que le patron lui fasse signe de venir devant. La parabole peut ici induire en erreur si l’on n’a pas bien compris de quel banquet il s’agit et de quel patron Jésus est en train de parler. Le banquet est le banquet universel du Royaume et le patron est Dieu.

Jésus veut dire que dans la vie il faut choisir la dernière place, chercher davantage à faire plaisir aux autres qu’à soi-même, être modeste dans la manière d’évaluer ses propres mérites, laisser les autres les reconnaître sans le faire nous-mêmes (« Personne ne doit être juge de sa propre cause »), et déjà dans cette vie Dieu nous élève. Il nous élève dans sa grâce, il nous fait monter très haut dans le classement de ses amis et des vrais disciples de son Fils, ce qui est la seule chose véritablement importante.

Il nous élèvera également dans l’estime des autres. Ceci est un fait surprenant mais réel. Dieu « se penche vers la personne humble mais tient l’orgueilleux en respect » (cf. Ps 107, 6). Ceci vaut également pour l’homme, indépendamment du fait qu’il soit croyant ou non. Lorsqu’elle est sincère et non affectée, la modestie conquiert les autres, fait aimer la personne, désirer sa compagnie, apprécier son opinion. La vraie gloire fuit celui qui la poursuit et poursuit celui qui la fuit.

Nous vivons dans une société qui a profondément besoin de réécouter ce message évangélique sur l’humilité. Se précipiter sur les premières places quitte à marcher, sans scrupule, sur les autres, l’arrivisme et la compétitivité à outrance sont des choses que tout le monde désapprouve mais auxquelles malheureusement tout le monde se prête. L’Evangile a un impact dans le domaine social, même lorsqu’il parle d’humilité et de modestie.

Transmis par Admin Actif Mercredi 05 Septembre 2007 (426 lectures)
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Homélie: 23ème dimanche ordinaire - 9 septembre 2007 | S'identifier ou créer un nouveau compte | 0 Commentaires
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