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20 Août 2008
 

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24ème dimanche ordinaire





1ère lecture :Exode 32, 7... 14
2ème lecture :1° Lettre à Thimothée 1, 12 - 17
Evangile :Saint Luc 15, 1 - 32


La bonté compatissante de Jésus pour les pauvres, les humbles et tous les déshérités de la vie scandalisait beaucoup de ses contemporains. Mais ce qui les irritait le plus, c’était l’intérêt qu’il semblait porter aux publicains, les collecteurs de l’impôts romain qui étaient tous plus ou moins voleurs, et l’indulgence qu’Il témoignait aux pécheurs publics dont la seule approche était considérée comme une souillure. Les publicains étaient attirés vers Jésus et ils allaient chercher près de lui des marques de sympathie que tout le monde leur refusait. Jésus ne repoussait pas leurs avances ; n’avait-il pas admis l’un des leurs, Matthieu, parmi ses apôtres ? Pour révéler à ses contradicteurs les merveilles de la miséricorde divine et leur apprendre en même temps le prix d’une âme au regard de Dieu, Jésus proposa à ses auditeurs 3 paraboles : La Brebis perdue, la pièce d’argent égarée, et l’Enfant prodigue. Les deux premières font appel à l’expérience commune et aux sentiments naturels, et servent d’introduction à la troisième, celle de l’Enfant prodigue, qu’on a justement nommée la perle des paraboles évangéliques. Même au simple point de vue littéraire, la parabole de l’enfant prodigue est une merveille de délicatesse et de pureté.
Trois personnages sont en présence : le père, le prodigue et son frère aîné,

qui représentent respectivement Dieu, le pécheur et le juste, mais un pécheur qui revient à lui et un juste qui n’est pas exempt de toute imperfection. Le drame se déroule en 3 tableaux : les égarements du prodigue, l’accueil joyeux du père, les plaintes du frère aîné qui amènent la conclusion morale.
Plus que sa malice, le premier tableau offre à nos yeux la misère du prodigue dont l’histoire est celle de tous les prodigues, que ce soit une personne physique ou une personne morale. Ce tableau nous donne à méditer plutôt la déchéance du prodigue que l’indignité de sa conduite. La jeunesse, l’âge de l’irréflexion et des coups de tête, sans excuser ses fautes, les atténue pourtant dans une certaine mesure. Sans doute ses intentions n’étaient pas pures : il voulait jouir de sa liberté, quitter un père dont la présence le gênait, fuir trop de visages connus qui lui imposaient la réserve. Mais aussi quelle infortune et quelle misère ! Lorsqu’une famine providentielle désole le pays, il est réduit à se faire gardien de porcs !C’était chez les anciens et en particulier chez les juifs, le plus ignoble de tous les métiers ! Pressé par la faim et oublié de tous, le prodigue en arrive à envier la nourriture des animaux dont il a la garde. Mais ceux qui tiennent la clé des greniers ne lui en donnent pas et la seule pensée de la disputer aux pourceaux lui soulève le cœur. Pourquoi ne rompt-il pas sa chaîne et ne s’enfuit-il pas loin de ces lieux misérables ? Il est retenu par l’habitude, la honte et le respect humain. Pour retourner au foyer paternel, il devrait affronter le sourire et la compassion injurieuse de ses anciens serviteurs, essuyer peut-être les reproches et la froideur de son père. Il n’en a pas le courage, et c’est là le comble de la misère. Pourtant l’excès de sa misère finit par tirer le malheureux de sa torpeur.
Le second tableau, où le père entre en scène, est caractérisé par une extrême délicatesse. Si le père voit venir de loin son enfant, ce n’est pas l’effet du hasard ; c’est qu’il ne s’est jamais résigné à le perdre et qu’il conserve toujours l’espoir de le revoir. Le prodigue a préparé une confession, modèle de sincérité et d’humilité, mais il ne l’achève pas parce que son père lui coupe la parole, ne l’écoute plus, tout entier qu’il est à la joie de le revoir tel qu’il l’avait connu autrefois.
Le troisième tableau donne à la parabole sa signification. L’aîné qui boude et fait des reproches à son père, a tort assurément. Mais ce défaut ne l’empêche pas d’être un bon fils, laborieux et obéissant. Mais il appartient à la catégorie de ces chrétiens, à la conduite exemplaire mais aux vues étroites, qui arrivent difficilement à comprendre le mystère de la miséricorde divine.
Frères et Sœurs dans le Christ, on néglige d’ordinaire la dernière phrase de la parabole qui contient pourtant sa morale : « Mon fils, tu es toujours avec moi et tout ce qui est à moi est à toi ; mais il fallait se réjouir et faire fête, car ton frère qui était mort est revenu à la vie. » Le pécheur pénitent, qui se repent de ses péchés, devient le favori de Dieu et l’objet de ses complaisances ! Mais quel bonheur pour le juste de s’entendre dire : « Mon fils, tu es toujours avec moi et tout ce que j’ai t’appartient. » Si l’on était libre de choisir, qui ne préfèrerait l’innocence conservée à l’innocence reconquise ? Nous admirons à juste titre sainte Marie Madeleine, saint Paul, saint Augustin et tous les grands convertis. Mais la liturgie a des accents encore plus émus pour chanter la gloire de ces âmes pures qui suivront l’Agneau sans tâche partout où il ira et formeront le cortège de la Vierge Immaculée devant le trône de Dieu. Amen.
Transmis par Admin Actif Dimanche 16 Septembre 2007 (316 lectures)
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Homélie: 24ème dimanche ordinaire - 16 septembre 2007 | S'identifier ou créer un nouveau compte | 0 Commentaires
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