SOLENNITÉ DU SAINT-SACREMENT
1ère lecture : Deutéronome 8, 2… 16
2ème lecture : 1ère Lettre aux Corinthiens 10, 16 - 17
Evangile : Saint Jean 6, 51 – 58
De tous les sacrements laissés par Jésus-Christ pour nous communiquer la vie divine, car c’est à cela que servent les sacrements : donner ou augmenter la vie divine en nos âmes pour nous rendre participant de la nature divine, l’Eucharistie est le plus grand de tous. Les autres sacrements comme le baptême, le mariage, la pénitence nous donnent la grâce divine, l’Eucharistie nous donne aussi Dieu lui-même, puisque Jésus-Christ qui est Dieu, est réellement présent dans l’hostie consacrée, comme jadis, il était présent d’une présence physique au milieu de ses contemporains.
Or quand Jésus vivait en Palestine, une seule de ses paroles chassait les démons, rendait la vue aux aveugles, faisait marcher les boiteux, guérissait les malades et ressuscitait même les morts. Que ne fera donc pas Jésus présent dans une âme par la communion ? Pourquoi ne ferait-il plus les miracles qu’Il accomplissait autrefois? Dieu ne change pas, Il est toujours le même et son amour s’étend d’âge en âge sur tous ceux qui l’aiment. Aussi l’Eucharistie étend-elle son influence salutaire sur toute la vie pour la sanctifier. Elle est ce levain dont parle St Paul et qui se communique à toutes les puissances de l’âme pour la conduire et la fortifier. Le Corps sacré de Jésus apaise dans les coeurs la colère, les désirs de vengeance ; il dissipe de l’esprit les mauvaises images ; il purifie les pensées et renouvelle les forces de l’âme pour l’aider à surmonter avec humilité et courage les épreuves de la vie. L’eucharistie remplit les âmes toutes livrées à Dieu d’une grâce si puissante qu’elle dégage le coeur des affections terrestres pour l’élever à Dieu. Et par un changement merveilleux, cette nourriture qui nous vient du Ciel nous transforme peu à peu en elle-même, à l’inverse des aliments terrestres qui se changent en notre propre substance. L’Eucharistie nous unit tellement intimement à Jésus-Christ que nous finissons par épouser ses sentiments et agir un peu comme Jésus Lui-même agirait pourvu que nous ne mettions pas d’obstacle à son influence.
Telle est la puissance de ce sacrement de l’Eucharistie que nous adorons aujourd’hui de façon si solennelle. Et pourtant le spectacle qu’offrent les croyants n’est pas toujours des plus édifiants. Comment se fait-il qu’après avoir communié, on reste dominé par l’égoïsme, la méchanceté et les vices. Comment expliquer que l’Eucharistie ne parvient pas à changer les mentalités et à rendre meilleures et plus généreuses les personnes qui reçoivent en eux le Dieu de toute bonté ? Ce n’est pas que l’Eucharistie ait perdu de son pouvoir de sanctification. La puissance de l’Eucharistie est toujours la même. Mais des obstacles empêchent l’eucharistie de produire ses effets dans les coeurs et les communautés chrétiennes. La grâce de l’eucharistie se communique toujours si nous ne lui opposons pas d’obstacle. Ce qui empêche le sacrement d’agir, c’est le péché et plus particulièrement le péché mortel. Voilà pourquoi il est bon de rappeler qu’on ne peut pas communier si l’on n’est pas en état de grâce, c’est-à-dire si l’on ne s’est pas confessé de tous ses péchés mortels. Cela peut déplaire à certains, mais il faut savoir qu’on ne communie pas pour communier ou pour faire comme tout le monde, mais pour recevoir la grâce du sacrement. Or nous ne recevrons pas la grâce du Sacrement si nous ne sommes pas dans les dispositions requises pour la recevoir. Et communier sans jamais se confesser, sans avoir reçu le pardon de ses péchés mortels, c’est communier indignement, et communier indignement au Corps du Christ c’est se rendre coupable de la mort de Jésus-Christ, nous dit saint Paul.
Frères et Soeurs dans le Christ, quant à communier, puissions-nous toujours recevoir Jésus-Christ dans nos âmes, comme Zachée, qui a confessé ses exactions, a reçu Jésus dans sa maison, c’est-à-dire avec une intention droite, un coeur pur et une conscience dégagée de tout péché mortel. Alors nous aussi nous saurons quelle joie il y a à recevoir Jésus et nous pourrons pleinement bénéficier des grâces qui l’accompagneront dans la communion. Amen