14ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE
1ère lecture : Zacharie 9, 9 - 10
2ème lecture : Lettre aux Romains 8, 9… 13
Evangile : Saint Matthieu 11, 25 – 30
« En ce temps-là, Jésus prit la parole » nous dit saint Mathieu et Saint Luc précise qu’ « à cette heure même, Jésus tressaille de joie sous l’action du Saint-Esprit. » S’étant revêtu de notre nature humaine, le Seigneur Jésus devait éprouver aussi tous les sentiments dont le péché n’est pas le principe ou le terme :
la joie et la tristesse, la crainte et la douleur, la tendresse et l’indignation. C’est ainsi que Jésus s’est ému sur le malheur d’une veuve qui venait de perdre son fils unique ; il s’est indigné contre les marchands et les changeurs du Temple qui faisaient de la maison de Dieu un repaire de brigands. Et l’évangile est rempli d’exemples où Jésus laisse paraître ses sentiments humains qui nous le rendent si proche. Aujourd’hui, le texte de l’évangile nous montre Jésus louer et bénir son Père sous la vive impulsion d’une joie profonde. Nulle part ailleurs, l’évangile nous dit que Jésus-Christ éprouva une joie semblable. Qu’est-ce qui a donc pu tant réjouir Jésus ? Est-ce les richesses ? Jésus est né dans la pauvreté et a vécu pauvrement : l’Evangile nous dit qu’il n’avait pas d’endroit où reposer la tête. Ce ne sont donc pas les richesses qui l’ont rempli de joie. Est-ce alors le succès, l’enthousiasme et l’admiration des foules ? Ce n’est pas cela non plus, car il imposait le silence à ceux qu’il venait de guérir, et quand, après la multiplication des pains, les foules étaient sur le point de le faire roi, il se retira seul dans la montagne pour prier. Ce qui a réjoui Jésus, ce n’était ni les richesses, ni les miracles qu’il a accomplis, ni même l’admiration des foules, mais la foi simple et humble des 72 disciples qu’il avait envoyés en mission et qui venaient lui raconter la conversion des gens, les miracles qu’ils avaient accomplis en son nom : loin de s’attribuer à eux-mêmes le mérite de leur triomphe, les disciples de Jésus, comme des serviteurs inutiles, venaient mettre au pied du Seigneur le fruit de leurs labeurs. Voilà ce qui a réjoui Jésus au plus intime de lui-même : la simplicité, la docilité et l’humilité de ses disciples, de ces « tout-petits », vertus qui contrastaient tant avec l’orgueil, la suffisance, l’aveuglement et la haine des scribes et des pharisiens, ces sages et savants selon le monde, qui non contents de repousser le message d’amour de Jésus, s’étaient conjurés pour le perdre.
Frères et sœurs dans le Christ. Qui aime quelqu’un aime aussi à le voir joyeux et cherche à lui faire plaisir. Si donc nous aimons Jésus, nous chercherons à lui faire plaisir, à le réjouir et à le consoler de tant d’ingratitudes qu’il reçoit de la plupart des hommes. Nous le réjouirons par notre humilité, notre simplicité, en rendant à Dieu ce qui est à Dieu, c’est-à-dire le bien qui est en nous et que nous pouvons faire autour de nous, en nous laissant conduire sur les chemins de l’Evangile par notre fidélité aux commandements de Dieu et par notre obéissance à l’Eglise. En sorte que non seulement nous contribuerons à réjouir Jésus, mais nous trouverons nous-mêmes le vrai bonheur, car comme le dit une oraison de la liturgie, c’est un bonheur durable et profond que de servir constamment le Créateur de tout bien. Amen.