Les enfants d'Ingrid Betancourt, Mélanie et Lorenzo Delloye, son ex-mari, Fabrice Delloye, ainsi que sa sœur, Astrid, et ses deux enfants, décollent de l'aéroport de Villacoublay à destination de Bogota. Ils sont accompagnés par Bernard Kouchner, le ministre des affaires étrangères.
L'ex-otage tient une conférence de presse sur le tarmac de l'aéroport. Elle semble en bonne santé et raconte ses conditions de détention et le processus de libération.
A sa descente de l'avion elle s'exprime . "Je suis très émue" , dit-elle. "J'ai vraiment rêvé de ce moment, merci à Dieu d'abord, et à vous tous, d'avoir pensé à moi, merci à tous les Colombiens, à vous tous Français" "L'opération militaire de l'armée colombienne a été parfaite", dit-elle en français. "Ce matin quand je me suis levée, j'ai prié et j'ai demandé à Dieu que l'un des nôtres soit libéré." Elle raconte en détail sa journée et l'opération militaire. "Mon cœur était en morceaux", confie-t-elle, émue.
"Je n'arrive même pas à comprendre comment ils sont arrivés à faire ça." "Le chef de l'opération a dit 'nous sommes l'armée nationale. Vous êtes libres'." "C'est un miracle." (Le monde)
De son côté, le Président colombien, Alvaro Uribe, a déclaré :
"Cette opération qui s'est déroulée à la lumière du Saint Esprit et a été placée sous la protection de notre Seigneur et de la Vierge est une opération d'intelligence comparable aux plus grandes épopées épiques de l'histoire de l'humanité. Sans qu'une goutte de sang ait été versée, sans qu'une seule balle ait été tirée, il y a 15 otages libérés, Ingrid Betancourt, les trois citoyens nord-américains et onze autres compatriotes [J'ai agit avec] toute la prudence nécessaire (...) pour obtenir un succès. Jamais nous n'avons improvisé".
Cette libération a été réalisée grâce à l'infiltration de la guérilla par l'armée colombienne. Des soldats se sont présentés comme les membres d'une ONG fictive censée transporter les otages par hélicoptère vers un camp pour y rencontrer le nouveau chef des FARC, Alfonso Cano. Ces faux humanitaires portaient des T-shirts à l'effigie de Che Guevara. Ingrid Betancourt raconte :
"Les hélicoptères sont arrivés, et des personnages surréalistes en sont sortis (...) Ils ont parlé avec les chefs, le commandant Henrique, le commandant Cesar. Ils avaient des T-shirts de Che Guevara et je me suis dit : 'Ça, c'est des FARC'."
Les otages sont montés menottés dans un hélicoptère.
"C'était très humiliant (...) Quand nous somme montés dans l'hélicoptère, très frustrés, je ne voulais même pas parler aux personnes qui étaient là. L'hélicoptère s'est envolé, et tout à coup quelque chose s'est passé, je ne me suis pas bien rendu compte de quoi et tout à coup j'ai vu le commandant qui pendant tant d'années avait été si cruel et si humiliant, je l'ai vu au sol, les yeux bandés. [...] le chef de l'opération a dit : 'Nous sommes l'armée colombienne, vous êtes libres' et l'hélicoptère est presque tombé ! On a sauté, on a crié, on s'est embrassé, on pouvait pas le croire, c'est un miracle." (le salon beige)