DIMANCHE DE PÂQUES
1ère lecture : Actes des Apôtres 10, 34… 43
2ème lecture : Lettre aux Colossiens 3, 1 - 4
Evangile : Saint Jean 20, 1 – 9
Le soir du samedi-saint, alors que le corps de Jésus reposait au tombeau, humainement parlant, tout était fini. Les Apôtres et les disciples de Jésus le pensaient tout autant que ses ennemis qui étaient arrivés à leur fin en éliminant Jésus. Et c’est précisément à ce moment-là que tout recommença, suivant la prédiction de Jésus. C’est pourquoi, en renouvelant toute chose, la Résurrection est d’une telle importance qu’elle ne saurait être admise sans véritable preuve.
C’est sur la Résurrection du Christ que repose tout l’enseignement de l’Église ; c’est cet événement prodigieux qui convertit les premières foules chrétiennes, et l’Église ne serait plus l’Église si elle se contentait d’être une organisation humanitaire temporelle. La nature de l’Eglise est spirituelle et divine et sa fin est de conduire les âmes au Salut éternel dont la résurrection du Christ est le garant. C’est pourquoi il est important de bien établir le fait de la Résurrection, car si le Christ n’est pas ressuscité nous demeurons dans nos péchés et notre vie n’a plus de sens. Sans doute le Christ dans sa condition de ressuscité n’appartient plus à l’histoire de ce monde puisque sa nouvelle condition échappe à l’observation commune des gens. Si nombreux que furent les témoins privilégiés de sa résurrection, leur nombre est cependant restreint ; Jésus ressuscité ne s’est pas montré à tous ses contemporains, quant à ses disciples eux-mêmes, ils ne le virent pas à leur gré, mais seulement en des circonstances voulues par Jésus lui-même. Mais autre chose est la condition nouvelle de Jésus ressuscité, autre chose est l’événement de la résurrection qui, lui, appartient à l’histoire et peut donc être historiquement prouvé. Au reste, les prêtres juifs qui avaient pris leur précaution pour empêcher toute imposture, ne parvinrent pas à tromper les esprits en accréditant une supercherie qui ne faisait en fait que confirmer la résurrection de Jésus.
Si donc on veut exclure le témoignage des disciples qui ont vu le Seigneur ressuscité, qui lui ont parlé, ont mangé avec Lui sous prétexte que ce n’est pas une preuve tangible, matériellement vérifiable par tous, la preuve de la Résurrection qui était à la portée de tous, c’est le tombeau vide ; d’un côté, la mise au tombeau du corps martyrisé de Jésus a été dûment vérifié et comme notarié puisque des scellés ont été déposés sur le tombeau. Tous, amis ou ennemis, savaient bien que le Corps de Jésus y était enfermé. C’est pourquoi la disparition du corps de Jésus car si elle a été constatée par les apôtres et les disciples de Jésus, elle a pu être aussi constatée par tous. Aussi n’a-t-elle jamais fait l’objet d’une contestation quelconque. Il est donc certain que le tombeau de Jésus était vide le jour de Pâques, que seuls les linges mortuaires s’y trouvaient, alors que la veille le corps de Jésus y était encore. Deux hypothèses pour expliquer cette disparition du corps de Jésus s’offrent à nous : ou bien le corps de Jésus a été enlevé du tombeau, ou bien Jésus est vraiment ressuscité. Ces deux hypothèses sont exclusives l’une de l’autre, car si le corps de Jésus a été enlevé, il doit être retrouvé, et s’il est retrouvé, c’est qu’il n’est pas ressuscité. Par contre si Jésus est ressuscité, il est évident qu’on ne pourra pas retrouver son corps. Il suffit donc de prouver l’une pour prouver l’autre. Puisque nous ne pouvons pas démontrer que Jésus est ressuscité de manière juridiquement constatable, il suffit de prouver que le corps de Jésus n’a pas été enlevé pour conclure que Jésus est ressuscité. Or il est évident que le corps de Jésus-Christ n’a pas été enlevé tout simplement parce qu’il n’a pas été retrouvé. En effet s’il avait été enlevé par les disciples comme l’ont raconté les gardes, pourquoi n’a-t-il été rien fait pour le reprendre et ainsi faire cesser le scandale d’un mensonge ? Il était facile d’arrêter les Apôtres et les disciples qui se seraient rendus coupables d’une telle forfaiture et de leur faire remettre le corps de Jésus. Or rien n’a été fait. Négligence ? Comment le supposer quand on pense à l’acharnement qui a été déployé pour supprimer Jésus ; il est donc impossible que les ennemis de Jésus et les autorités romaines n’aient rien entrepris s’ils avaient eu le moindre soupçon de l’enlèvement du corps de Jésus par ses disciples. C’est donc que le corps n’a pas été enlevé par les apôtres, pas plus que par le gardien du jardin où se trouvait le tombeau comme le pensait sainte Marie-Madeleine.
Frères et sœurs dans le Christ, il nous faut donc conclure que si le corps de Jésus n’a pas été enlevé, c’est que Jésus est vraiment ressuscité. Célébrons donc Pâques avec joie, car la Victoire de Jésus est un vrai triomphe et que désormais le Christ ressuscité ne meurt plus. Soyons fiers de notre foi, mais aussi vivons notre foi avec sincérité et cohérence pour avoir part nous aussi à la résurrection le jour où le Christ reviendra et rendra nos corps semblables à son corps glorieux. Amen.